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la fille du diable

La plus jeune dit : « Je n’y vais pas, j’y suis allée hier. — Hé bien, » fit le diable, « tu iras. » Elle arrive à la tour et trouve encore le garçon qui pleurait. « Ne vous chagrinez pas, » lui dit-elle, « et mangez. » Il mange, et avec la baguette la fille prend le nid et les deux œufs. Le soir le diable vient voir si l’ouvrage est fait. Celui-ci lui présente le nid : étonné le diable lui dit : « Je vais te donner une troisième chose à faire, si tu la fais, je te donne une de mes filles en mariage, sinon, je te tue. Vois-tu ce puits? Au fond se trouve un anneau, que tu dois aller chercher. » Le lendemain, le garçon essaie en vain ; à midi, le diable demande encore qui veut aller porter le dîner. La plus jeune répond : « Père, j’y suis allée deux fois, je ne veux plus y aller. — Tu iras encore. » Elle va, et trouve le garçon désespéré; après qu’il eut mangé elle dit : « Si tu veux que j’aille prendre l’anneau coupe-moi en morceaux et jette-moi dans le puits.» Lejeune homme résiste en disant qu’il lui doit de la reconnaissance; mais, pressé par la fille, il la coupe en petits morceaux et la jette dans le puits. Mais il oublie de jeter un os du petit doigt de pied. «Voici l’anneau, » dit-elle, « mais tuas oublié de jeter ce petit os, et il me manque ; mais ce sera là un signe pour me reconnaître. Demain, mon père va nous mettre avec mes six sœurs dans

des sacs et te dira de choisir ton épouse; tu me reconnaîtras en me touchant au pied. Mais avant d’être à demain, il y a la nuit à passer, et mon père a encore envie de te tuer cette nuit ; il fera tomber sur ton lit une meule de moulin; tu n’auras qu’à te tenir toute la nuit à la fenêtre pour éviter la catastrophe. » Le soir, le diable est plus qu’étonné en prenant l’anneau, il est presque furieux, mais il se contient. « Je l’attends, cette nuit, » se dit-il. A minuit, la meule tombe, écrasant tout; le jeune homme, heureusement, s’était tenu à la fenêtre. Le lendemain, le diable vient voir, et, à sa grande stupéfaction, il trouve le garçon vivant. « Seigneur, » lui dit ce dernier, « vous devez avoir des rats dans votre palais; cette nuit, un grain de blé m’est tombé sur le front et m’a réveillé. — Hé bien, » lui dit le diable, « tu vas choisir une de mes filles pour épouse. Les voilà toutes, choisis. » Il cherche et reconnaît bientôt la cadette au signe indiqué. Le diable se doute alors de quelque chose : « C’est ma fille cadette qui a exécuté les travaux. » Dès que la fille et le jeune homme furent seuls : « Mon père », dit-elle, « va nous tuer tous les deux, il faut partir. Descends à l’écurie et prends le cheval le plus maigre que tu verras. » Il descend et voit au fond de l’écurie une vieille rosse qui n’avait que la peau et les os! « Si je prends ça, » se dit-il,

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