LE ROI d’aNGLETERRE i
soin de nous, vous n’aurez qu’à dire : Rats, beaux rats, venez tous à notre secours. » De là, ils partirent; ils marchèrent encore autant. Un soir, ils voient encore un lumignon, ils s’approchent de terre et on leur dit : « Que portez-vous? — Du blé. — Bonne marchandise pour nous. » En déchargeant, les fourmis leur dirent les mêmes paroles que les rats. De là, ils partirent et ils marchèrent encore autant. Un matin ils aperçurent une île et le vieillard dit au Jeune homme : « Tu vois cette maison sur cette montagne, c’est là que se trouve la fille du roi. Il faut aller là-haut et tu frapperas à la porte et tu diras : Je suis venu sauver la fille du roi d’Angleterre et tu verras ce qu’on te dira. » Et il fit ainsi, il alla là-haut et il vit une grande dame qui lui dit : « Si vous voulez la fille du roi, il faut commencer par détruire cette montagne qui est ici devant ma maison, de ce soir à six heures à demain matin six heures ». Il alla là-haut et il appela tous les rats et le matin le travail était fait. Alors cette femme l’emmena dans une chambre qui était pleine de blé mélangé avec du riz et lui dit : « Demain matin à six heures il faut que tout cela soit séparé, le blé, d’une part, et le riz, de l’autre. » Il appela toutes les fourmis à son secours et le lendemain tout était séparé. Cette dame l’emmena alors dans un autre magasin qui était
plein de chanvre : « Il faut que demain matin tout ce chanvre soit filé. » Il alla là-bas chercher toutes ses quenouilles et le vieillard lui dit : « Celle-ci tu la prendras, toi-même, et quand tu seras là-haut, tu lui diras : Quenouille, belle quenouille, je veux que toutes les autres quenouilles se mettent à filer. » Tout cela se fit. Alors cette dame le conduisit dans une chambre où était la fille du roi : « Voilà, elle est délivrée et vous pouvez l’emmener. » Ils partirent et ils se dirigèrent vers l’Angleterre. Le roi, qui attendait depuis deux ans qu’ils étaient partis et qu’ils n’arrivaient pas, vit un beau jour un navire avec le drapeau anglais. On reconnut que c’était le navire qui arrivait. Quand ils débarquèrent au port le père qui vit sa fille se mit à l’embrasser, à l’embrasser et à la baiser, et enfin il la dpnna au jeune homme comme épouse. Il arriva ensuite qu’il fut reconnu que celui qui l’avait sauvée était le filleul, et l’autre le teigneux. On fit prendre et conduire ce dernier sur la place avec dix tonneaux de goudron et on le brûla en face de tout le monde. Et les autres firent un grand dîner et donnèrent des divertissements et ils se remplirent de paix et d’amour. S’ils ne sont pas morts, ils y sont encore.
Conté par Gioanina Piombo dite La Mova,