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JEAN DE l’ours

cette herbe h — Viens avec nous, » dit Jean. Tous les trois réunis, ils marchent et ils marchent. Ils trouvent un château et ils frappent à la porte. « Ce château est habité par le Diable, » leur dit-on. « Peu importe, » fit Jean, « nous voulons y loger. Palet-de-moulin fera le dîner, Tourne-montagnes et moi nous irons au bois, à midi cette clochette sonnera et nous viendrons dîner. » Chacun se mit à la besogne. Midi arrive et cependant on n’entend pas la clochette. Jean et Tourne-montagnes s’en retournent tout étonnés et trouvent Palet étendu à terre sans connaissance. Ils lui prodiguent des soins et il revient à la vie. Palet raconte alors ce qui lui est arrivé : « Je faisais le dîner, » dit-il, « lorsque j’entendis un grand bruit dans la cheminée; puis un homme se présente et me roue de coups de bâton. — C’est moi qui ferai le dîner demain, » dit Tournemontagnes. Il arriva à celui-ci la même aventure qu’à son camarade. « Ce sera mon tour demain, » dit Jean, « et nous verrons! » Pendant que ses deux camarades sont au bois, Jean allume le feu et prépare la marmite. Le même individu se présente pour le battre; mais Jean saisit son bâton de trente rups et lui

I. Il a aussi l’ouie surnaturelle, mais il y aurait confusion avec quelque variante du conte.

en donne un coup sur la tête. L’homme, qui n’était autre que le Diable, tomba mort à ses pieds. Jean le releva et le plaça derrière la porte et continua à préparer le diner et, midi arrivé, il sonna la clochette. Ses camarades accoururent au signal, trouvèrent le diner cuit à point et mangèrent. Après quoi Jean leur dit : « Regardez ce qu’il y a derrière la porte. » Les deux camarades félicitèrent Jean et ajoutèrent : « Nous pouvons maintenant visiter le château. » Ils y trouvèrent un trou obscur. Palet refusa de s’en approcher en disant : « J’ai peur. » Tourne-montagnes répéta les mêmes paroles. (( Je descendrai, moi, » dit Jean, « il doit y avoir là-dedans quelque chose d’extraordinaire. » Il alla acheter cent brasses de corde, attacha une corbeille à un des bouts, se mit dedans et dit : « Descendez-moi, lorsque vous entendrez la clochette, vous tirerez à vous. » La corde étant trop courte, Jean sonna. Il acheta encore cent brasses de corde et l’ajouta à l’autre. Il descend de nouveau, la corde est encore trop courte; mais cependant il distingue une légère clarté. Il se fait remonter, ajoute encore cent brasses de corde et redescend; il arrive au fond. Il voit plusieurs portes, il ouvre l’une d’elles et voit une fille couchée. « Vous ne sortirez plus de cette chambre, » dit la jeune fille, « à moins que je n’en sorte avec vous! » Jean

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