II AVERTISSEMENT
tion à ses talents précoces comme musicienne. Après son mariage, elle se trouva naturellement appelée à la petite cour du duc d'Orléans, qui avait épousé en secret Mme de Montesson, tante de Mme de Genlis. Nommée d'abord dame d'honneur de la jeune duchesse de Chartres, belle-fille du duc d'Orléans, elle fit de si rapides progrès dans la faveur de cette princesse, qu'elle obtint d'être chargée de l'éducation de ses enfants.
Mme de Genlis était faite pour plaire. Elle avait toutes les grâces et tous les talents d'une femme du monde, et en même temps un esprit fort cultivé, et plein d'une ambition toute virile. Elle commença de bonne heure à écrire, et ses ouvrages offrent un singulier mélange de savoir et d'ignorance, de réflexions justes et d'absurdités, de grâce et de pédantisme. De telles disparates devaient la faire railler par les uns, admirer par les autres; et comme, d'un autre côté, sa conduite était assez légère, elle eut le malheur d'obtenir moins de considération que de célébrité. Cependant lorsque les fils du duc de Chartres eurent atteint l'âge où les jeunes princes avaient coutume de passer ertre les mains des hommes, Mme de Genlis demeura char-