AVERTISSEMENT. V
mille d'Orléans, s'occupant dans sa retraite de la rédaction de ses Mémoires, qui parurent, sans trop de succès, en 1825. Elle mourut en 1830, dans une extrême vieillesse.
On lit dans la Correspondance de Grimm une anecdote qui achèvera de montrer toute la bizarrerie de Mme de Genlis. Grimm s'exprime ainsi sous la date de mai 1785. * On parle beaucoup dans ce moment de deux jeunes personnes, nommées l'une Paméla et l'autre Ermine, qui, après avoir été élevées par Mme de Genlis comme deux orphelines anglaises, se trouvent être aujourd'hui les filles de cette dame; son mari vient de les reconnaître, et Mme de Montesson se charge de les doter comme elle a doté leurs sœurs aînées. C'est un essai, diton, que Mme de Genlis a voulu faire sur la différence que pourrait laisser l'éducation entre un enfant qui aurait toujours connu son origine, et celui qui l'aurait ignorée jusqu'au moment où sa sensibilité se trouverait entièrement développée ; elle a voulu éprouver aussi ce que pourrait produire sur une âme bien née le sentiment du plus grand des bienfaits; on assure que l'expérience a réussi au delà de toute espérance, ces deux enfants