IV AVERTISSEMENT
depuis ce moment, on ne la jugea plus qu'avec mauvaise foi et partialité. Elle parut abandonner elle-même ses prétentions théologiques pour se livrer aux préoccupations politiques qui commençaient à agiter tous les esprits, et nous la voyons publier, en 1792, un plan pour l'éducation du dauphin, dans lequel elle aspire évidemment à se transformer en homme d'État. Il est intitulé : Discours sur l'éducation de M. le dauphin et sur l'adoption, par Mme Bruslart, ci-devant comtesse de Genlis, ci-devant marquise de Sillery. Son plan ne fut pas goûté, et ne méritait pas qu'on le remarquât. Quelque temps après, la ci-devant marquise de Sillery dut s'exiler, malgré sa conversion incomplète aux idées révolutionnaires. Retirée à Londres, elle y publia divers ouvrages, et entre autres les Petits émigrés, qui eurent beaucoup de succès. Elle rentra en France sous le consulat, et obtint une pension qui lui fut continuée jusqu'à la Restauration. Les romans philosophiques qu'elle fit paraître à cette époque n'offrent que peu d'intérêt. On y retrouve tous ses défauts, sans aucune des qualités qui firent la vogue de ses premiers ouvrages. Après la chute de l'Empire, elle vécut obscurément d'une pension que lui faisait la fa-