‹ Contes parisiens: en versChapitre 13 sur 36 · MORALITE · texte numérisé non relu

MORALITE

Par une après-midi superbe de septembre, Alfred était assis dans sa petite chambre Et songeait à partir en pays étranger* Lorsque n'importe quoi yous trouble, voyager Est le meilleur moyen qu*on ait dans notre époque De se rasséréner* « La chose est très baroque, Pensait-il, me voilà le cœur tout à l'envers* Je deviens très sensible I et ces diables de vers Qui me rappelleraient sans cesse l'aventure ? Brûlons-lest Et pourtant;., tous écrits sans rature! C'est dommage. Vraiment, j'ai là quelques sonnets Qui me plaisent ; ils sont dans le goût japonais^ N'importe^ brûlons tout. »

Brusquement^ la sonnette Retentit ; et l'on vit paraître la binette

96 l^'AMOUR A FORFAIT.

D'un gros monsieur, vêtu très confortablement. « Monsieur, je suis Cartel, libraire. En ce moment, s 11 n'est bruit que de vous. Une charmante femme S'est tuée, et pour vous, dit-on. C'est tout un drame! Je ne veux pas avoir de détails, mais, parbleu, Un manuscrit de vous! — Voyons, voyons un peu, Dit le poète ;.non, je n'ai rien. Je travaille A deux ou trois romans, mais je n'ai rien qui vaille. — Mais je vous payerai tout ce que vous voudrez ! Dit l'éditeur. — Ma foi, fit l'autre, parcourez Les sonnets que voici. — Beau, sublime, admirable! Fit Cartel. Je prends tout. »

Et, digne, sur la table Il laissa ruisseler de sa poche un trésor De bleus billets de banque et de clairs louis d'or.

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