L'AS DE CŒUR
Depuis que tu n'es plus, misérable grand homme,
Juvigny, Je yais parfois faire mon somme
Dans ce petit théâtre enfantin, où souvent
Nous avons trépigné de rire. Toi vivant,
J'entendais sans effort le langage des mimes ;
Les coups.de pieds au cul me paraissaient sublimes ;
Piano, contrebasse et flûte doucement
Tenaient ma rêverie éveillée ; et l'amant
De Colombine, jeune, étincelant et leste,
Me valait Bénédick ou Roméo. J'atteste
Qu'un innocent décor de papier peint, pour nous
Se changeait en un bois si profond et si doux.
Si plein d'enchantements et de métamorphoses,
Que nous le peuplions de frêles lutins roses