LES DEUX FRERES
Dans une prorince de France.
Dont .i'ignore le nom, mais le nom n'y fait rien, Deux frères, possédant une modeste aisance,
Partagèrent un jour leur bien.
L'un se fit laboureur, et cultiva la terre ; Il prit femme, il eut des enfants Qui, comme lui. labourèrent les champs.
Mais l'autre ne voulut rien faire.
Content de ce qu'il possédait.
Il ne désirait point en avoir davantage : Le moindre travail l'obsédait.
Comme son frère il se mit en ménage,
Et sa famille s'augmenta ; Mais notre homiiie jamais ne s'en inquiéta. Par principes, par caractère, Sans peine, sans plaisir, sans jamais s'émouvoir, Il contemplait les biens et les maux de la terre ;
De le troubler rien n'avait le pouvoir. Il appelait cela de la philosophie :
En est-ce ?... par ma foi, je ne vous dirai pas ! On en a mis partout, si bien que l'on oublie Celle dont il faudrait faire le plus de cas.
Or donc à notre philosophe Le laboureur ne ressemblait en rien :