‹ ContesChapitre 8 sur 30 · LE VIEUX FOU · texte numérisé non relu

LE VIEUX FOU

H fait le gentil, l'enfantin.

Et près de la beauté, singeant le chérubin. D'un jeune adolescent affecte l'innocence. Mais pour prix de ses petits mots, De ses soupirs, de ses grimacer, Les femmes lui tournent le dos:

Le ridicule effarouche les grâces.

Voulant plaire, charmer, malgré ses soixante ans, Le vieillard fouille en sa cassette, Il y prend seule recette Que l'on puisse opposer aux outrages du temps. Avec son or il séduit une belle.

« Tu n'as que vingt ans, )> lui dit-elle, « Tu ne les parais pas, d'honneur!

« Je prétends te former, oui, je sens que je t'aime « Pour moi quelle douceur extrême (( D'avoir l'étrenne de ton cœur! »

A ce discours qui le comblait d'ivresse, Le novice fit ce qu'il put Pour prouver sa verte jeunesse; Et qu'en arriva-t-il, de sa belle prouesse? Le lendemain notre vieux fou mourut.

Il est des plaisirs pour cha(jae âge. Ne changeons point l'ordre du temps.

Que l'enfant goûte sans orage

Les illusions du printemps:

Laissons l'amour à la jeunesse.

Plus tard la raison doit venir;

Et, pour calmer notre vieillesse.

Contentons-nous du souvenir.

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