LE LION, LE CHACAL ET L'HOMME
(Béni Menacer.)
Au temps passé, alors que les bêtes parlaient, il existait, dit-on, un laboureur qui posse'dait une . paire de bœufs avec lesquels il travaillait. Il avait coutume de partir avec eux de bon matin, et le soir il revenait avec un bœuf. Le lendemain, il en achetait un autre pour labourer et s'en allait dans la friche, mais le lion venait lui en prendre un et lui en laissait un/ Il restait désespéré, cherchant quelqu'un qui le conseillât, quand il rencontra le chacal et lui raconta ce qui se passait entre lui et le "lion. Le chacal demanda : « Que me donneras-tu, et je t'en délivrerai. » — « Ce que tu voudras, je te le donnerai. » — « Donne-moi un agneau gras, reprit le chacal ; tu suivras mon conseil : demain, quand le lion viendra, je serai
là ; j'arriverai sur cette colline, de l'autre côté ; tu apporteras ta hache bien tranchante et quand je te dirai : • Qu'est-ce « que je vois à présent avec toi, » répondsmoi : « C'est un âne que j'ai pris avec moi « pour porter de l'orge. » Je te dirai : « Je « suis à la recherche du lion et non de « l'âne. » Alors il te demandera : « Qui est- « ce qui te parle? » Réponds-lui : « C'est le « nems. » Il te dira : « Cache-moi, car je le « crains. » Lorsque je te demanderai : « Qui « est-ce qui est étendu là devant toi ? v réponds-moi : « C'est une poutre. » Je te dirai : • Prends ta hache et frappe, pour sa- « voir si ee n'est pas le lion. » Tu prendras ta hache et tu le frapperas fort entre les deux yeux. Alors je continuerai : « Je n'ai « pas bien entendu; frappe-le encore une « fois jusqu'à ce qu'il soit mort réelle- « ment. »
Le lendemain matin, le lion vint à lui comme les jours passés, pour manger un bœuf. Quand le chacal le vit, il appela son ami et lui dit : « Qui est-ce qui est avec toi? » — « C'est une poutre qui est devant moi. » Le chacal reprit : « Attention au lion, je le cherche. » — « Qui parle avec