‹ Contes populaires berbères, recueillisChapitre 51 sur 122 · LA SAGE-FEMME ET LA FÉE · texte numérisé non relu

LA SAGE-FEMME ET LA FÉE

(Bou Semghoun.)

Une nuit elle était dans sa maison lorsqu'une fe'e vint la trouver et lui dit :

« Donne-moi du henné et des parfums, je serai ton amie. Je suis sur le point d'accoucher. Lorsque le moment de l'enfantement sera arrivé, j'enverrai chez toi mon fils noir. ■» Quand elle accoucha, elle envoya son fils sous la forme d'un chat. Il entra de nuit chez la femme qui dit : o C'est le fils de la fée. » Elle se leva, il partit suivi par elle et elle arriva près de son amie qui venait de mettre au monde une fille noire. La fée lui donna de l'argent et elle revint dans sa maison 5a .

HAMED BEN ÇEGGAD à3

(Zouaoua.J

Il y avait dans une ville un homme nommé Hamed ben Çeggad. Il habitait seul avec sa mère : il ne possédait rien que sa chasse; Un jour les habitants de la ville dirent au foi : « Hamed ben Çeggad l'emporte sur toi. »

Il leur demanda : « Dites-moi pourquoi vous me parlez ainsi! Sinon je vous couperai la tète. » — « Comme il ne mange que de la chair des oiseaux, il remporte sur toi pour la nourriture. » Le roi fît venir Hamed et lui dit : « Tu chasseras pour moi et je fournirai ta nourriture et celle de ta mère. » Chaque jour Hamed apportait du gibier au prince, aussi celui-ci Taimait-il extrêmement. Les habitants de la ville en furent jaloux : ils allèrent trouver le sultan et lui dirent :

« Hamed ben Çeggad est courageux : il pour-

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rait Rapporter l'arbre de corail et le palmier des bêtes sauvages. » Le roi lui dit : « Si tu n'as pas peur, apporte-moi l'arbre de corail et le palmier des bêtes sauvages. * — « C'est bien, » dit Hamed; et le lendemain il emmena tous les gens de la ville. Quand il arriva à l'arbre, il tua tous les animaux sauvages, coupa le palmier et le chargea sur les épaules des gens, et le sultan bâtit le château de corail. En voyant combien tout lui réussissait, on dit au roi : « Puisqu'il vient à bout de tout ce qu'il entreprend, dis lui de t'amener la femme aux parures d'argent. » Le prince répéta ces paroles à Hamed qui lui dit : « La tâche que tu m'indiques est rude, néanmoins je te l'amènerai. » 11 se mit en route et arriva à un endroit où il trouva un homme qui faisait paître un troupeau, portait une meule suspendue à son cou et jouait de la flûte. Hamed se dit : « Par Dieu, je ne pourrais pas soulever un petit rocher, et cet homme suspend une meule à son coul »

Le berger lui dit : « Tu es ce Hamed btn Çeggad qui a bâli le château de corail. » — « Qui te l'a appris ?» — « Un oiseau qui volait dans le ciel. » Il ajouta : « J'irai avec toi. » — « Viens, » dit Hamed. Le berger

5 S CONTES POPULAIRES BERBERES

enleva la meule de son cou et ses brebis furent changées en pierres. En route, ils rencontrèrent un homme nu qui se roulait dans la neige : Ils se dirent : « Le froid nous pique et celui-là se roule dans la neige sans que le froid le tue. » L'homme lui dit : « Tu es Hamed ben Çeggad qui a bâti un château de corail. » — • Qui te Ta dit? » — « Un oiseau qui passait en volant dans le ciel Ta annoncé. Je t'accompagnerai. » — « Viens, »

dit Hamed. Après avoir cheminé quelque temps, ils rencontrèrent un homme qui avait de longues oreilles : « Par Dieu, dirent-ils, nous n'avons que de petites oreilles et celles de cet homme sont immenses. » — « C'est le Seigneur qui les a créées ainsi, mais s'il plaît à Dieu, je t'accompagnerai, car tu es Hamed ben Çeggad. » Ils arrivèrent à la maison où était la femme aux parures d'argent, Hamed dit aux habitants : « Donneznous cette femme pour que nous remmenions. » — « Bien » répondirent les ogres ses frères. Ils égorgèrent un bœuf, le placèrent sur une claie qu'ils enlevèrent et déposèrent avec l'aide de quatre-vingt-dix-neuf hommes.

Ils dirent ensuite à Hamed : « Donne-nous un des tiens qui déplace cette claie. • Ce-

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lui qui suspendait des meules à son cou répliqua : « C'est moi qui la déplacerai. »

Quand il l'eût posée à terre, on servit du couscouss avec ce bœuf. Les ogres dirent :

« Mangez tout ce qu'on vous a apporté. » Ils mangèrent un peu, et celui qui avait de longues oreilles y cacha le reste de la nourriture. Les frères reprirent : • Donne-nous un d'entre vous qui ira cueillir une branche d'un arbre qui est seul au sommet d'une montagne à deux journées de marche dans la neige». Celui qui se roulait dans la neige partit et apporta la branche. « Il reste encore une épreuve, dirent les ogres : « Une perdrix vole dans le ciel, que l'un de vous la frappe, o Hamed ben Çêggad la tua. On lui donna la femme, mais avant son départ, les frères de celle-ci lui remirent une plume en lui disant : « Lorsqu'on te fera quelque chose contre ton gré, jette cette plume sur le foyer, nous arriverons. » Quand ils vinrent à la ville, les habitants dirent à cette femme : « Le vieux sultan va t'épouser. » Elle répliqua : « Un vieillard ne m'aura pas, » et elle jeta sa plume dans le feu : ses frères arrivèrent, tuèrent tous les habitants de la ville ainsi que le roi et donnèrent la femme a Hamed ben Çeggad 54 .

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