‹ Contes populaires berbères, recueillisChapitre 72 sur 122 · LE ROI ET SA FAMILLE I I I · texte numérisé non relu

LE ROI ET SA FAMILLE I I I

reprit: « Moi aussi, mon père était roi : il nous est arrivé comme à vous. » Le quatrième dit à son tour : « Moi aussi, mon père était roi; il nous est arrivé comme à vous trois : vous êtes mes frères. » Leur mère les entendit et se prit à pleurer jusqu'au matin. On l'amena au prince qui lui dit : « Pourquoi pleures-tu ? » Elle répondit : « J'étais autrefois la femme d'un roi, nous avions quatre fils; nous nous embarquâmes, lui, nos enfants et moi : le vaisseau qui nous portait se brisa; chacun s'en alla seul, jusqu'à ce que hier, ils ont parlé devant moi pendant la nuit et m'ont indiqué ce qui est arrivé à eux, à leur père et à leur mère. » Le roi reprit : « Faites-moi connaître vos aventures: » Ils l'en informèrent. Alors le prince se leva en pleurant et dit : « Vous êtes mes fils, » et à la femme : « Tu es ma femme. »

Dieu les réunit 107 .

r ES VOLEURS 108

[Zouaoua).

Des coupeurs de route poursuivaient un jour quelqu'un. O homme, lui crièrent-ils, arrête, que nous t'interrogions. Il leur répondit : « Vous n'avez pas à m'interroger :

si c'est sur le monde, personne ne le traverse sain et sauf : si c'est sur l'autre, il n'y a que Dieu qui sache ce que c'est : mais si je. m'ar r rcte. je me fais du tort. »

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fCUellia du Sons.)

Chez les Idaouîsaren "», il existe un endroit appelé Tafedna *•' et où l'on pèche beaucoup de poissons. Un jour des barques y prirent avec leurs filets 290,000 tasergalts [sorte de poisson) et revinrent. Une autre fois elles y retournèrent, mais un poisson appelé el qars sortit contre elles, frappa un marin et lui coupa In moitié du pied.

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UEDDOU " 2

(Zouaoua).

Deux hommes, dont l'un se nommait Beddou et l'autre Amkammel, allaient au marché emportant un panier de figues. Ils rencontrèrent un homme qui labourait et lui dirent :

« Le Seigneur te soit en aide. » — <- « Amen », répondit-il. L'un d'eux voulut aller se laver : il n'y avait pas d'eau. Le laboureur demanda à celui qui était avec lui : « Comment t'apelles-tu? » — « Beddou. » — « Par Dieu, Beddou, garde mes bœufs pour que j'aille boire. » — « Va. » Quand il fut parti, il lui enleva un des bœufs. A son retour, le laboureur vit qu'il lui en manquait'un. Il alla vers l'autre voyageur et lui demanda : « Par mon père, quel est ton nom ?» — « Amkammel ouennidhni (complète l'autre) " 3 . » — « Par Dieu, Amkammel ouennidhni, garde-moi ce bœuf

BEDDOU I I 3

pendant que j'irai chercher ceiui qui est parti. » — « Va. » Il lui enleva l'autre. Quand le laboureur revint, il ne trouva même plus le second.

Les deux filous s'en allèrent, emmenant les bœufs : ils les égorgèrent pour les faire rôtir. L'un but toute l'eau de la mer, l'autre toute l'eau douce, pour complément. Quand ils eurent fini, l'un demeura là (à dormir), l'autre le couvrit de cendres. Le premier se leva pour aller boire, et fit tomber la cendre sur le chemin. Quand il revint, le second se couvrit de la tête du bœuf. Son frère qui allait boire eut peur et s'enfuit " 4 .

Ils se partagèrent l'autre bœuf pour le manger : celui qui avait bu l'eau de la mer but l'eau d'ouce, celui qui avait bu l'eau douce but l'eau de la mer. Quand ils eurent fini leur repas, ils se mirent en route. Ils trouvèrent une vieille femme qui avait de l'argent sur lequel elle était assise. Quand ils arrivèrent, il se battirent. Elle se leva pour les séparer. L'un d'eux s'établit (à sa place) pour passer la nuit/il fit semblant d'être mort. La vieille lui dit : « Lève-toi, mon fils. » Il refusa. Le soir, l'un d'eux vola l'argent et dit à son frère : « Debout, partons. » Ils s'en allé-

I 1 6 CONTES POPULAIRES BERBERES

rent jusqu'à un endroit où s'endormit celui qui avait pris l'argent. L'autre emporta les dirhems et s'en alla /laissant le premier endormi. A son re'veil, celui-ci ne trouva rien. Il se mit à la poursuite de l'autre, et quand il arriva, il le trouva mourant de maladie. Ce dernier avait dit à sa femme r « Enterremoi... » Elle l'enterra. Celui qui (le premier)

avait volé l'argent s'en alla Il dit : « C'est

un bœuf! » — « C'est moi, mon ami. • Il lui cria : « Louange à Dieu, mon ami, que tes jours (se passent) dans le bien. » Beddou lui dit : « Allons à la chasse. » Ils partirent seuls. Beddou ajouta : « Je vais te raser. • Il le rasa, et quand il arriva à la gorge, il regorgea et enterra sa tête. Un grenadier poussa à cette place. Un jour Beddou trouva la un fruit qu'il porta au roi. Quand il arriva, il sentit que c'était lourd : c'était une tête. Le roi lui demanda : « Qu'est-ce que cela ?» — « Une grenade. » — « Nous savons comme tu as agi, » dit le roi et il lui fit trancher la tête. Mon histoire est finie " 6 .

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