‹ Contes populaires berbères, recueillisChapitre 84 sur 122 · AVENTURE DE SIDI MOHAMMED 'ADJELI ET DE MOULEY MOHAMMED · texte numérisé non relu

AVENTURE DE SIDI MOHAMMED 'ADJELI ET DE MOULEY MOHAMMED

(32) Le texte chelh'a de cette légende inédite m'a été dicté en i883 à Tétouan (Maroc) par El H'adj Mohammed de Massât (Sous).

(33) Mouley Mohammed (I.), fils de Mouley 'Abd Allah, régna sur le Maroc de 1757 (itôo hégire) à 1789 (1204 hég.). 11 fit la guerre à l'Espagne, assiégea inutilement Melilla, conclut des traités avec la France, le Danemark, la république de Venise, reprit Mazagan aux Portugais, eut à combattre la Hollande et la Toscane et se montra généralement bien disposé pour la France (cf. Godard, Description et histoire du Maroc, t. II, p. 348-567; Houdas, Le Maroc de i63i à 1812, p. 127-157).

(34) Un miracle du même genre, quoique différent dans les détails, est attribué au marabout 'Ali, surnommé Bou-tlélis (l'homme au petit sac), qui a donné son nom à un village à 3o kil. S.-O. d'Oran : d'un petit sac (Tléhs); il fit sortir un énorme tas d'orge en présence d'un sultan mérinide duxrv e siècle (Piesse, Itinéraire de l'Algérie, p. 204).

(35) La dernière partie de cette légende rappelle un épisode qui existe dans divers contes anciens et modernes. D'après Hérodote (Histoire, 1. IV, ch. xiv, Aristée de Proconnèse, l'auteur d'un poème sur les Arimaspes, étant entré dans la maison d'un foulon, y mourut. On ferma la boutique, et lorsque ses parents vinrent chercher le cadavre, un homme de Cyzique, qui s'était embarqué depuis peu à Artakè, déclara avoir rencontré Aristée entre ces deux villes et avoir causé avec lui. On ouvrit la maison du foulon, le corps avait disparu : sept ans plus tard, Aristée reparut à Proconnèse. On peut aussi en rapprocher un épisode du premier conte du recueil turk des

Quarante- Vizirs : par la magie du cheikh Chihâb ed Din, un sultan d'Egypte, plongeant dans sa baignoire, se trouve transporté loin de là, dans un pays inconnu où il vit pauvre pendant sept ans qui ont à peine la durée d'une seconde.

Chehâb ed Din échappe à la vengeance du sultan rentre dans ses Etats en se plongeant lui-même dans la baignoire et en se transportant sur le champ à Damas (Belletête, Contes turcs extraits des Quarante- Vifirs, p. 2g-3o; Behrnauer, Die Vierçig Vie^ere, p. 2o-25). Dans le Katharitsagara de Somadeva Bhatta, Sridatta plonge dans le Gange, arrive au monde souterrain qu'il visite et se retrouve ensuite à sa première place (Brockhaus, Die Mœrchensammlung des Somadeva Bhatta aus Kaschmir, 1. 1, p. 88 et suiv.).

l8. — LE SCORPION ET LE KHAMMES

(36) Le texte mzabi de ce conte inédit a été recueilli à Mélika (Mzab), en i885.

(37) Un miracle, de tout point semblable à celui-ci, est raconté par Ah'med el Abchihi, d'après le célèbre ouali Dzou'n Noun (l'homme au poisson) qui en aurait été témoin. La tortue est remplacée par une grenouille et il s'agit, non de récompenser un acte de charité, mais de corriger un homme de l'ivrognerie en lui montrant Je danger qu'il a couru pendant son sommeil (Mostat'ref, éd. de Boulaq, t. II, p. 143; Belkassem ben Sedira Cours de littérature arabe, p. 38).

Le naturaliste Ed Demiri rapporte la même aventure d'après El Karkhi (Haiat el Haïoudn, t. II, p. 1 5 i-i 52. Cf. également le Naouàdir d'Ah'med El Qalyoubi, i ig" hist., p. 481, de l'édition de Boulaq et le Roudh er Riah'infi H'ikayât es Salih'in d'Abou Mohammed 'Abdallah b. Sa 'ad el Yafe'i, 23 i e hist., p. i32, de l'édition de Boulaq).

ig. — LE PARI IMPIE

(38) Le texte mzabi de ce conte inédit a été recueilli a Mélika (Mzab), en i885.

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