LA FÉE ET LES T’ALEBS
( Chelha du Sous.)
Il y avait dans le Sous, dans un village qu’on appelle Ouarzemmimen deux talebs qui étaient frères. L’un d’eux partit et s’en alla pour lire (des formules magiques) jusqu’à ce qu’il arriva dans le Gharb, à un endroit appelé Tazia, chez les Ait Arous 66, près de Mouley ’Abd es Salam. Quelques gens lui dirent un jour : « Dans tel endroit il y a un trésor, allons le chercher. » Il partit avec eux. Lorsqu’ils furent arrivés et qu’il eût récité ses formules, une fée sortit : le ciel trembla, la terre trembla. Le t’aleb effrayé, retint sa respiration, mais la fée le tua. La nouvelle de sa mort arriva à son frère qui jura de partir et de se saisir de la fée qui l’avait tué. Il s’informa de tiibu en
tribu jusqu'à ce qu'il arriva à cet endroit. Quand il Lut ses formules, la fée sortit : il la saisit et la fit entrer dans un encrier. 11 remmena dans son pays à Ouarzemmimen : elle fut en son pouvoir dans sa maison. Il lui donna une hache de fèr et l’envoya couper des broussailles (jujubier sauvage) et de l’argan 67 jusqu’à sa mort.
l’ogre et les deux FEMMES 08 (Béni Menacer.)
Il était un homme qui avait deux femmes; l’une intelligente, l’autre sotte. Un jour, elles allèrent cueillir des fèves, elles descendirent dans celles de l’ogre, ayant amené avec elles un âne pour emporter les fèves. L’ogre les vit : il alla prendre l’âne, l’emmena, le tua, et partit inviter les femmes à venir dîner chez lui. Il les conduisit à sa maison et leur servit la chair de l’âne. La femme intelligente reconnut ce que c’était; mais la sotte en mangea sans s’en douter. La première cacha sa part sous la natte. Quand elles eurent fini le repas, l’ogre leur dit : « Rendezmoi ce que vous avez mangé. » La femme intelligente lui rendit sa part. La sotte lui dit : « Grand’père, qu’est-ce que cela ? Tu
nous a donné de la viande à manger, et à présent tu t’en repens! » La sage tira sa part de dessous la natte et dit : « Grand’père, voici ma portion, je n’ai pas mangé. » L’ogre tua la sotte et laissa la femme intelligente retourner à la maison.
l’inscription mystérieuse 69 (Bou Semghoun.)
Une femme habitait autrefois à Bou Semghoun et possédait beaucoup d’argent. Un roi en entendit parler et désira vivement s’emparer de sa fortune. Quand cette nouvelle arriva à la femme, elle enleva ses richesses sur des mulets, monta sur le Tamedda "° et cacha ses trésors en arrivant à la roche de Tira. Elle y écrivit une inscription, mais nous ne savons ce qu’elle signifie.