LA PIERRE FONDUE
(Büu Semghoun.)
Un individu de Bou Semghoun alla à Ouarqa 82 et rapporta une pierre que fit fondre un savant de Bou Semghoun : elle devint du cuivre rouge. Les deux individus qui avaient porté la pierre moururent : on l’appelait Berchan (noire), et celui qui la fit fondre, Dah’man Ou Sahhoul.
LE TRÉSOR DE RAS EL ’aÏN S3
(Chellia du Sous. J
Un homme marcha jusqu’à ce qu’il arriva au pays de Ras el Oued 81. Il s’informa d’un endroit appelé El Oued lâïnTiout Oulidj 85. 11 s’avança jusqu’à un village élevé nommé Laqçabt, et monta jusqu’à Ras el ‘Aïn S6. Là il trouva une ville que les chrétiens habitaient dans le temps passé. Il y avait là beaucoup d’argent : les gens en trouvèrent, non pas une fois ni deux : les Maghrébins s’y enrichirent.
LE TRÉSOR DE ;ASLA s'
(Bou Scmghoun.)
Trois individus venant du Sous arrivèrent h AslaS8, un homme leur prépara de la nourriture dans sa maison. Après avoir déjeûné, ils lui dirent : « Tu connais Ghoundjaïa ? » 8» — « Je le connais. » — « Viens avec nous, nous prendrons des trésors et nous te donnerons au-dessus de ton attente ». Il partit avec eux. Quand ils furent arrivés, ils se mirent à réciter des formules, entrèrent par la porte de la caverne, allèrent au trésor et en prirent de quoi suffire à la charge de trois mulets. En sortant de la caverne, ils dirent à leur compagnon de ‘'Asla : « Va nous préparer h déjeûner pour que nous mangions en arrivant. » Il partit, égorgea une chèvre pour leur nourriture, les atten-
CONTES rOPUI. AIRES BERBERES
dit et, comme ils ne venaient pas, partit à leur recherche : il ne les trouva pas. Il revint au qçar de ‘Asla et leur dit dans la djema’a : « Voici ce qui m’arrive; par Dieu, je vous réclame la location de mes mulets. » Ils partirent avec lui, pour un salaire de plusieurs jours, mais on ne sait ce qu’ils devinrent.
MOITJÉ DE COQ 9u (Béni Menacer.)
Dans le temps passé, un homme avait deux femmes; l’une était intelligente; l’autre sotte. Elles possédaient un coq en commun. Un jour elles se disputèrent à son sujet; elles se le partagèrent et chacune en prit la moitié : la sotte fit cuire sa part ; la sotte laissa vivre la sienne qui marchait sur une patte et n’avait qu’une aile. Quelques jours se passèrent ainsi. Alors Moitié de Coq dit à sa maîtresse :
« Prépare-moi des provisions pour que j’aille en pèlerinage. •» Elle lui donna ce qu’il lui fallait pour son voyage.
Moitié de Coq se leva de bon matin, prit la route du pèlerinage : au milieu de la journée, elle fut fatiguée et descendit vers un ruisseau pour se reposer. Voici qu’un chacal vint y boire. Moitié de Coq sauta
sur sou dos, lui vola un poil qu’elle cacha sous son aile et se remit en marche. Elle chemina jusqu’au soir et s’arrêta sur un arbre pour y passer la nuit.
Elle n’était pas encore reposée lorsqu’elle vit un lion passer près de l’arbre où elle avait pris son gîte. Aussitôt qu’elle l’aperçut, elle sauta sur son dos et lui vola un poil qu’elle mit avec celui du chacal. Le lendemain matin, elle se leva de bonne heure et se remit en route. Arrivée au milieu d’une forêt, elle rencontra un sanglier et lui demanda : « Donne-moi un poil de ton dos comme l’ont fait le roi des animaux et le plus rusé : le chacal et le lion. » Le sanglier répondit : « Puisque ces deux personnages importants parmi les animaux t’en ont donné, je t’accorderai aussi ce que tu demandes. » Il arracha un poil de son dos et le remit à Moitié de Coq. Celle-ci reprit sa route et arriva à la grande maison d’un roi. Elle se mit à chanter et à dire : « Demain le roi mourra, et je prendrai sa femme. » En entendant ces paroles, le roi donna à ses nègres l’ordre de se saisir de Moitié de Coq et de la jeter au milieu de l’étable des brebis et des chèvres pour être foulée aux