LA CHARITÉ
(Mfab).
Un enfant était allé avec son père dans un jardin où il tirait de l’eau avec lui. Il eut faim. Son père lui dit : « Mon fils, je n’ai rien à te donner, va, cherche dans les feuilles, sous les palmiers, peut-être trouveras-tu une petite datte ou une courge. » L’enfant partit en pleurant et ne trouva rien. Son père se mit à pleurer et à invoquer Dieu. Une femme arriva portant un plat de farine : quand elle fut près d’eux, elle leur dit : « Dieu vous assiste ! » Le père répondit : « Dieu te sauve. » — « Pourquoi pleurestu? » — « C’est que mon fils va mourir de faim. » — « Toi et ton fils, prenez et mangez l’aumône de Dieu. » Elle donna de la farine peu à peu à l’enfant jusqu’à ce qu’il se leva : ils mangèrent jusqu’à ce qu’ils furent rassasiés et louèrent Dieu.
LE ROI ET SA FAMILLE ,oC ( Bou Semghoun). .
Au temps jadis, un roi régnait sur le Maghreb : il avait quatre fils. Il partit, lui, sa femme et ses enfants pour l’Orient. Ils s’embarquèrent : leur vaisseau fut submergé avec eux. Les vagues les enlevèrent chacun séparément : l’une emporta la femme; une autre le père, seul, au milieu de la mer dans une die ou il trouva une mine d’argent. Il en •emporta fréquemment jusqu’à ce qu’il en eut extrait une grande quantité et s’établit dans le pays. Les gens entendirent souvent parler de lui et apprirent qu’il habitait au milieu •de la mer : ils bâtirent des maisons jusqu’à ce qu’il y eut une grande ville. Il fut roi de cette contrée. Quiconque venait pauvre chez lui, il lui donnait des pièces de monnaie. Un
homme pauvre épousa sa femme ; quant à ses fils, ils se mirent à étudier, chacun dans un pays différent. Ils devinrent tous savants et craignaient Dieu. Le roi faisait chercher les tolba qui vénéraient le Seigneur : le premier des frères lui fut indiqué; il envoya vers lui. Il cherchait aussi un khodja; le second lui fut désigné, il le manda chez lui. Le prince désirait particulièrement un’adel; un autre frère lui fut indiqué, il le fit venir chez lui ainsi que Pimâm, qui était le quatrième frère. Ils arrivèrent chez leur père sans le connaître et sans être connus de [lui. La femme et celui qui Pavait épousée vinrent aussi chez le roi pour se plaindre. Lorsqu’ils se présentèrent, la femme monta seule ce soir-là au palais. Le prince fit chercher les quatre tolba pour passer la nuit chez lui jusqu’au matin. Pendant la nuit, il les épia pour les connaître. L’un d’entre eux leur dit : « Puisque le sommeil ne nous vient pas, que chacun fasse savoir qu’il est. » L’un reprit : « Moi, mon père était roi : il avait beaucoup d’argent et quatre fils dont les noms étaient semblables aux vôtres. » Un autre dit : « Moi aussi, mon père était roi, il nous est arrivé comme à toi. •> Un autre