‹ Contes populaires berbèresChapitre 68 sur 104 · h’amed ben çeggad · texte numérisé non relu

h’amed ben çeggad

(53) Ce conte, dont le texte est indédit, est tiré du manuscrit n° 17 fonds berbère de la Bibliothèque nationale.

(5q) La situation de H’amed ben Çeggad, aidé dans les entreprises dont il est chargé grâce aux calomnies de ses envieux par des personnages surnaturels est fréquente dans les contes de fées : je n’en citerai que quelques exemples : Dans la Haute-Bretagne, les parents du petit roi Jeannot l’envoient chercher le Merle blanc et la Belle aux cheveux d’or; il y réussit grâce aux conseils du renard, mais ses frères tentent de lui enlever la récompense de ses exploits (P. Sébillot, Contes populaires de la Haute-Bretagne p. 1, Le petit roi Jeannot). Dans celui de la Princesse aux pêches, le « bignet » qui aspire à la main de la jeune fille doit amener au roi une charette qui n’ait point été fabriquée par un charron, attelée de chevaux qui n’aient jamais mangé d’herbes et les hommes rencontrés sur la route avant le

NOTES

lever du soleil. Il est secouru par trois individus doués de facultés extraordinaires : le premier peut remuer une église, le second entend l’herbe pousser, le troisième produit du verglas en crachant et le quatrième porte dans un bissac le jour et la nuit (P. Sébillot, op. laud. p. 89-96;. Les pâtours, jaloux du prince leur compagnon, persuadent au roi qu’il s’est vanté d’aller chercher la Belle aux clefs d’or dans son château, puis le château lui-même; il y arrive, aidé par une jument blanche et épouse à la fin la princesse qu’il a ramenée (P. Sébillot, conte des marins, p. iao-142, la Belle aux clefs d'or). Une épreuve semblable est imposée au troisième fils d’un roi qui parvient à enlever l’eau de la fontaine qui rajeunit; ses frères essaient de le frustrer du prix de ses efforts (P. Sébillot op. laud. p. 1 56- 1 63, Le grand coquelicu). Dans le conte de Petite- Baguette , celui-ci est secondé dans son entreprise, reconquérir les filles du roi enlevées par un démon, par trois personnages surnaturels : Brise-Fer, Petit- Palet et Range-Montagne (P. Sébillot, Contes des paysans et des pêcheurs p. 1 3yi5o). Ailleurs, le filleul du roi, vingt- sixième fils du charbonnier est supplanté par un traître qui persuade au prince d’envoyer son véritable filleul demander au soleil pourquoi le matin il est si rouge, puis d’amener à la cour la princesse de Tronkolaine : il est secouru par un cheval de bois, puis par des fourmis, des éperviers et des lions et finit par épouser la princesse (P. Sébillot, Contes populaires des provinces de France p. 36- 45, Luzel : La princesse de Tronkolaine). La

même situation se rencontre dans le conte grec moderne : L’homme sans barbe persuade au roi d’obliger son fils qu’il ne connaît pas, d’aller chercher la chambre d’ivoire, le rossignol et l’hirondelle de muraille (Legrand, contes populaires de la Grèce moderne , l'Homme sans barJ?e, p. 57-76). De même en basque, le capitaine du vaisseau est aidé dans son projet de désemmorphoser le fils du roi changé en serpent, par deux de se matelots : le premier peut tuer une hirondelle au vol, le second attrapper un lièvre à la course (P. Sébillot, contes des provinces de France n° xxvu p. 164-170, Webster, Mahistruba , le capitaine marin). Dans le conte lorrain du Petit-bossu, celui-ci réussit, grâce au secours du berger et du renard, à rapporter l’eau qui rajeunit, la mule qui fait des pas de sept lieues et l’oiseau vert : ses deux frères essaient, mais inutilement de le faire périr. (Sébillot op. laud. n° 3o p. 180-186, E. Cosquin, Le petit bossu.) On peut encore rattacher à la même donnée les contes lorrains de Jean de l'Ours (E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine , t. J, n° 1 ) : la Canne de cinq cents livres (id., t. Il, n° 52). Dans le conte écossais des Trois filles du roi de Lochlin (Campbell, Popular Taies of the West Highlands, n° xvi), le fils de la veuve parvient à délivrer les trois princesses enlevées par un géant, avec l’aide d'un mangeur, d’un buveur et d’un écouteur extraordinaires. Chez les Tchèques, le prince qui va délivrer la jeune fille retenue par un enchanteur est aidé par Long, Large et Clairvoyant (Léger, Contes populaires slaves, p. 241-259). Dans la

NOTES

version kalmouke des contes de Siddi-Ivür, Massang, né d’un homme et d’une vache, associe à sa fortune l’homme né de la forêt, l’homme né du gazon et l’homme né du cristal. Plus tard il est trahi par eux (Jülg, Kalmükische Mærchen, n° 3), evc Sur les personnages doués de qualités extraordinaires de ce genre, cf. Benfey, Das Mærchen von den Menschen mit den wunderbaren Eigenschaften ( Au si and , i838, nos 41-43) et les remarques de M. Cosquin (Contes populaires de Lorraine, t. I, p. 23, et t. Il, p. 33 1).

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