‹ Contes populaires berbèresChapitre 71 sur 104 · LE MARI DE LA FEE · texte numérisé non relu

LE MARI DE LA FEE

(5g) Le texte berbère qui m’a été communiqué [ à Frendah en i883 par Ould Tedjini, de Bou | Semghoun, a été publié dans la troisième série K de mes Notes de lexicographie berbère, p. 73, ! 76 et dans mon Manuel de langue kabyle ( Tex - [ tes , p. 33).

(60) Bou Semghoun, ainsi nommé d’un célèbre ; ouali dont la qoubbah existe encore, est un des

qs’our du Sud oranais où l’on parle encore ber- [ bère; il se divise en deux quartiers, celui des At- [ Mousa et celui des At-Mas’oud : cette bourgade I fut, au xvme siècle, le berceau de l’ordre reli - [ gieux des Tedjinis, dont les principales zaouïas [ sont celles de ‘Aïn Madhi et de Temacin en Al-

* gérie (cf. El Aiachi et Moula Ah’med, Voyages dans le sud de l’Algérie et des Etats barbaresques, tr. Berbrugger. p. 29 et 197-98; Daumas, Le Saharah algérieh, p. 246; Leclerc, Les oasis

t de la province d’Oran , p. 67-68 et mes Notes de

* de lexicographie berbère , 111e série, p. 8, i2-i3,

(61) Ouarqa, situé non loin de Bou Semghoun, près de la montagne de Ghezala, possède des eaux thermales, ce qui explique l’existence de certaines légendes icf. mes Notes de lexicographie berbère , 111e série, p. 81).

NOTES

3i. — l’enfant et le roi des génies

(62) Le texte zouaoua de ce conte, tiré du ma-

nuscrit n° 17, fonds berbèie de la Bibliothèque nationale, a été publié dar non Manuel de langue kabyle (Textes, p. 1 9).

(63) L’interdiction de prononcer le nom de Dieu sous peine de voir rompre une opération magique, se rencontre de a dans les Mille et une Nuits : le troisième fils au roi devenu calender, ne doit pas prononcer le nom de Dieu devant le batelier qui doit le sortir de l’île d’Aimant après qu’il aura abattu le cavalier d’airain (Elf leïlah ou leilah , éd. de Boulaq, t. I, p. 41).

(64) L’histoire de Yadjoudj et de Madjoudj ( Gog et Magog ) a été empruntée par les Arabes aux traditions juives. Magog est mentionné dans la Genèse (X, 2) comme le second fils de Japhet; et le prophète Ezéchiel (Hizqiel) nomme « Gog, du pays de Magog, prince de Roch, de Mechekh et de Toubal » comme le futur envahisseur de l’Asie antérieure et citérieure. On a, avec vraisemblance, assimilé cette invasion à celle des Scythes et des Cimmériens dont il est question dans Hérodote ( Histoires , 1. I, ch. i5, 37, 73, io3, io5-io6) et Diodore de Sicile ( Bibliothèque historique, II, 43) cf. Josèphe, Antiquités judaïques , 1. I, ch. vi, 1 ; saint Jérôme, Commentaire sur É\èchiel , xxxvm, 2. Ce fait historique se transforma plus tard en prophétie fabuleuse : YApocalypse (XX, 7*io), annonce qu’à la fin des temps

NOTES

l’Antéchrist réunira les peuples de Gog et Magog (Gog, nom d’homme, est pris pour une nation) et s’emparera du monde. C’est la source de la légende arabe ( Qoran , XXI, 93-97) d’après laquelle Yadjoudj et Madjoudj, contenus par la muraille du Caucase, finiront par forcer cet obstacle et se répandront sur toute la terre. Quelques faits historiques se • «contrent dans cette tradition; ainsi la ferme e des défilés du Caucase par les rois arsacides u sassanides pour garantir leurs Etats d’une invar:on d’un peuple du Nord, pareille à celle qui avait eu lieu au temps de Cyaxares et de Psammétique. On attribuait la première construction de cette muraille à Alexandre Dzou’l Qarnain (Knoes. Chrestomathia syriaca, p. 66; Qoran, XVIII, 91-98; Ferdaousi apud Weisman, Alexander , Gesdichte des $wœlften Jahrhunderts, t. II, p. 553-555; Mas’oudi, Prairies d'or, t. II, p. 3o8; d’Herbelot, Bibliothèque orientale s. vis Jagiouge et Magiouge ; D’Anville, Du rempart de Gog et Magog, Mémoires de l’Académie des Inscriptions , ancienne série, t. XXXI, p. 210; Reinaud, Description des monuments du cabinet du duc de Blacas, t. I, p. 174; C. Muller, Introduction au Pseudo Callisthènes, p. x; Chassang, Histoire du roman dans V antiquité grecque et latine, p. 3 3 1 — 3 3 5 ; Graf, Roma nella memoria e nelle imagina^ioni del medio evo, t. II, 5o7-563; Meyer, Alexandre le Grand dans la littérature française au moyen âge, t. II, p. 386; Fr. Lenormant, Les origines de l’histoire d’après la Bible, t. II, ire partie, p. 412-476). Les traditions arabes prétendent

NOTES

que Gog et Magog rongent avec leur langue cette muraille de fer qui repousse au fur et à mesure, mais qu’ils perceront quand apparaîtra l’Antéchrist (Moh’ammed b. Ah’med b. Ayâs et Hânefi, Badaïe \ Zohouvfi ouaqai ed dohour, éd. de Boulaq, p. i3o-i32) Les khalifes musulmans craignirent souvent et à juste titre une invasion venue du Nord ; en effet, Baghdad succomba sous les coups des Moghols; aussi le khalife El Ouathik billah (me siècle de l’hégire) après un songe où il avait cru voir ouverte la muraille de Yadjoudj et Mad joudj, envoya Sellam l’interprète visiter les pays au nord du Caucase et examiner si les barbares se préparaient à une invasion (Ibn Khordadbeh, Le livre des routes et des provinces, traduit par Barbier de Meynard, Journal asiatique , 1 885 , t. I, p. 490-496).

(64 bis) Ce conte appartient, comme celui de H’amed ben Çeggad, au genre énigmatique, mais il faut convenir que les allégories et les explications qu’il renferme ne se recommandent ni par une grande clarté ni par un grand sens. Un conte alsacien en renferme du même genre, mais mieux conduites et mieux exposées (Sébillot, Contes des provinces de France , nü xliv, La Tête de mort qui parle).

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