LA SERVIETTE MAGIQUE
(37) Le texte berbère de ce conte, dicté en 1 883 à Tlemcen, par Ah’rned ben Mohammed de Ain Sfisifa, a été publié avec la transcription dans
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NOTES
mon Recueil de textes et de documents relatifs à la philologie berbère (Bulletin de correspondance africaine, 1 885 , p. 41 7-41 9).
(58) La première partie de ce conte rappelle celui de Djouder le Pécheur, ou d’Aladin et de la Lampe Merveilleuse (Galland, Mille et une Nuits, t. III, p. 58-194). On . sait que cette histoire n’existait pas dans les recensions arabes des Mille et une Nuits qui nous étaient parvenues, et l’on avait expliqué cette lacune en supposant que Galland avait intercalé dans sa version des contes qu’il avait recueillis oralement dans les cafés de Haleb ou de Constantinople. Quelques-uns de ces contes viennent d’être retrouvés dans un manuscrit récemment acquis par la Bibliothèque Nationale. Cf. une note de M. Zotenberg, Journal asiatique. 1887, t. I, p. 3oo. Le récit traduit ici, tel que je le tiens du tailleur de ‘Aïn Sfisifa, me paraît être incomplet : le chandelier et la lampe n’y jouent aucun rôle, ou plutôt, le leur paraît avoir été attribué à la serviette. Un conte inédit en dialecte chelh’a (Bibliothèque Nationale, fonds berbère n° 4, Kitab Ama^ir\ p. 245) met en scène un barbier qui, pour prix de services rendus à un sorcier, reçoit de ce dernier une bourse de 100 pièces d’or et un candélabre à sept branches. Quand il allume les sept bougies, sept jeunes filles apparaissent et chantent jusqu’à ce que les lumières s’éteignent. Alors elles disparaissent en laissant chacune au barbier cent pièces d’or. Le roi s’empare du candélabre merveilleux, mais dès qu’il l’a allumé, il voit apparaître sept nègres qui le rouent de coups. Il rend cet objet au barbier dont
NOTES
il fait son vizir. Un conte grec moderne, recueilli par Hahn, renferme les mêmes données, seulement il y a quarante jeunes filles au lieu de sept (cf. Gidel, La Grèce populaire, Contes populaires , Revue politique et littéraire , 1881, ier semestre, p. 275). Cf. une donnée à peu près semblable dans un conte du Bengale (Lal Behari Day, Folk taies of Bengal, n° 3). Quant à la serviette, elle devait avoir probablement la même puissance que dans les contes occidentaux où elle fournit à son possesseur les mets qu’il peut désirer : cf. en Italie le conte de Fanta Ghiro (Marc Monnier, Contes populaires en Italie, p. 249), Ari, ari, caga danari (Bernoni, Fiabe popolari vene^iane, n° 9), celui de l 'Homme sauvage (Basile, Pentamerone übers. v. Liebrecht, t. I, Ier jour, ire histoire); en France : Tapalapatau (Cosquin, Contes populaires de Lorraine, t. 1, n° 4, Jean de la Noix, Cosquin, Contes populaires de Lorraine, t. II, m° 39), Le pois de Rome ( ibid ., n° 56), Le château du diable (Carnoy, Littérature orale de la Picardie, p. 292) , Les cornes enchantées (P. Sébillot, Contes populaires de la Haute-Bretagne , p. 3o); en Écosse: Les trois souhaits (Campbell, Westhighland’s popular taies); en Bohême : le Bâton enchanté (Léger, Contes populaires slaves, p. 147); en Hongrie : Les trois cadeaux du mendiant (Stier, Ungarische Sagen und Mcerchen , p. 79). Dans la version kalmouke des contes de Siddhi Kür : Le magicien qui vainquit le khan (Jügl, Kalmükische Mcerchen , vi« histoire), il s’agit d’une coupe. La nappe d’or que Rhampsinite, au dire d’Hérodote ( Histoire , 1. VI, c. cxxn).
NOTES
‘ rapporta des enfers où il avait joué aux dés avec Démêter, était peut-être faite de la même étoffe que la serviette dont il est question ici, d’autant qu'il est question d’un personnage de conte populaire égyptien : M. Maspéro a tenté (Nouveaux fragments d’un commentaire sur le second livre d' Hérodote, p. 47) d’identifier Rhampsinite avec Setni, dont les aventures ne sont pas moins merveilleuses. — Parfois, dans certaines versions, la serviette est remplacée par une table : en Angleterre, Jack Luck (Fryer, Book of english fairy taies, p. 104); en Italie : Gubernatis, Novelline di S. Stefano, n° 21; en France : Les trois dons du sorcier (Carnoy, Littérature populaire de la Picardie, p. 3o8 et les références citées), Norouas (P. Sébillot, Contes des marins , p. 2 3o); Surouas (P. Sébillot, op. laud., p. 235); Histoire du bonhomme Maugréant (P. Sébillot, Contes des provinces de France, p. 46) ; en Allemagne : Tischchen deck dich (Grimm, Kinder und Hausmœrchen, p. 142); La chèvre, le tailleur et ses trois fis (Alexandre Dumas, L'homme aux contes, p. 267); en Bohême : La table, la musette et le sac (Léger, Contes populaires slaves , p. i5); en Lithuanie : Du pauvre à qui un vieux petit homme donna une petite table, un petit agneau et un gourdin (Leskien und Brugman, Litauische Volkslieder und Mærchen , p. 164 et les références citées); en Russie, cf. Afanasiev, Narodnyia russkiiaskaÿki , t. II, p. 219 et p. 223. Sur ces divers objets magiques, cf. les notes publiées par M. S. Prato (Novellina popolare monferrina) .
NOTES