‹ Contes populaires berbèresChapitre 9 sur 104 · LE CHACAL ET L’ANE · texte numérisé non relu

LE CHACAL ET L’ANE

(Zouaoua.)

Un homme dit un jour à sa femme : « Va mettre un bât sur l’âne, avec une marmite de lait dans un panier, tu y ajouteras des figues et du pain ». L’âne partit et rencontra le chacal qui pleurait. « Que t’est-il arrivé? » lui demanda-t-il. « Je me suis fait mal à la patte. » L’âne reprit : « Si tu ne veux pas me tromper, je te porterai. » Le chacal monta sur lui, prit la marmite de lait et la but : une goutte tomba sur les oreilles de l’âne. « Tu me trahis, dit celui-ci : c’est le dîner des travailleurs. # Le chacal répondit: « Sans doute, mon pied suppure et il sera tombé une goutte, » puis il mangea le pain. L’âne en reçut une miette sur les oreilles et dit encore : « Tu me trompes, c’est la nourriture des travailleurs. » — « Assurément,

CONTES TOPULA1RES BERBERES

répondit le chacal, c’est une croûte desséchée que j’ai cassée, » puis il mangea les figues. La queue d’une d’elles tomba sur l’oreille de l'âne qui dit pour la troisième fois : « Tu me trompes, c’est le dîner des travailleurs. » Le chacal répondit : « C’est une autre croûte que j’ai enlevée. » Quand l’âne arriva à son but, le lait, les figues et le pain avaient disparu. Le chacal sauta à terre dès qu’il rencontra une crête et dit : « Ane, je t'ai joué un tour. »

LE CHACAL ET LA PERDRIX ‘ (Zouaoua.)

Le chacal et la perdrix s'étant rencontrés, le premier dit à l’autre : « Qui t’a peinte d’une façon si admirable ? » La perdrix répondit : « Tu deviendras pareil à moi si tu fais ceci : Fixe le ciel jusqu’à ce que tu sois ébloui, et tes yeux brilleront; jette-toi dans le ravin et tu chausseras des souliers; sur un ormeau, tu prendras des dattes : dans les fleurs, tu revêtiras une gandoura. » — « C’est ce que je vais faire, dit le chacal : il se jeta dans le ravin, il se cassa la jambe ; il fixa le ciel et devint aveugle, il sauta sur un ormeau et se tua

LE HÉRISSON ET LE CHACAL 9 (Zouaoua.)

Le hérisson et le chacal s’associèrent pour cultiver des oignons dans un potager. Quand ils furent mûrs, le hérisson dit à son compagnon : « Je te laisse le choix : prends ce qui est sur la terre ou ce qui est dessous. » Le chacal répondit : « Je prendrai ce qui est dessus » et il alla couper les tiges. Ils semèrent ensuite un champ de blé : quand il fut mûr, le hérisson dit encore au chacal : « Je te laisse le choix : prends ce qui est sur terre ou ce qui est dessous. » — « Cette fois, répondit son compagnon, je prendrai ce qui est dessous. » Le hérisson alla moissonner le champ, battit le blé, il mit ensuite la paille en meule, le grain n’était pas encore dans l’aire. Le chacal lui dit : « Tu m’as trompé, recommençons le partage. » Son compagnon

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