‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 105 sur 107 · LE SINGE ET LA TORTUE · texte numérisé non relu

LE SINGE ET LA TORTUE

Il y avait une fois un singe et une tortue.

La tortue avait onze enfants ; le singe

était un vagabond.

La tartue va travailler ; et son ouvrage fini,

elle reçoit son salaire et va acheter une balle da

riz.

En revenant chez elle, elle s'arrête au bord du chemin, met sa balle de riz par terre et va chercher du bois sec.

A son retour, elle trouve le singe assis sur sa balle de riz, le singe lui dit:

— Eh vous, commère, voyez: j'ai trouvé une balle de riz.

— Ce riz-là n'est pas à vous, compère ! ce riz-là est du riz que j'ai acheté pourmes enfants. Je l'ai laissé au bord du chemin parceque j'allais chercher du bois sec ; mais ce riz est à moi. rendez-le-moi.

Le singe ne veut rien entendre et dit:

— Ce qui est bon à ramasser est bon à garder; je ne rends pas.

La tortue est désolée, mais que pouvait-elle faire? Elle dit au singe:

— Eh bien, compère, vendez-m'en une livre.

— Impossible, commère! mon riz n'est pas à vendre. Allez chez le Chinois.

— Bon, compère! Un jour nous verrons.

Un jour, le singe était assis sur une branche d'arbre et sa queue traînait par terre. La tortue passe, elle voit cette queue, la saisit et crie :

— Me voila qui viens de trouver une queue de singe! Ce qui est bon à ramasser est bon à garder! Je ne rends pas.

— Eh vous, commère ! vous plaisantez, n'estce pas ? C'est ma queue ça !

— Le riz sur le chemin esta celui qui ramasse le riz ; la queue sur le chemin est à celui qui ramasse la queue.

Le singe se fâche : il tire sur la queue ; la tortue ne lâche pas et suit la queue. Le singe tire, la tortue suit : et le singe apporte le tout au tribunal.

Le juge était sur son siège, le singe lui dit :

— Mon juge ! condamnez la tortue à me rendre ma queue.

La tortue dit au juge:

— Mon juge, condamnez le singe à me rendre mon riz.

Le juge les fait parler. Quand il connaît toute l'affaire, il dit au singe :

— Où est le riz ?

Le singe se met à rire, et se frappant sur le ventre :

— Là dedans mon juge.

Le juge appelle un garde et lui ordonne d'apporter un billot. Le billot est apporté. Le juge donne l'ordre au garde de placer la queue du singe sur le billot, puis le garde la coupe en deux. Le juge ensuite rend son jugement:

— Ce qui est bon à ramasser est bon à garder. Le singe a ramassé une balle de riz sur le chemin, la balle de riz lui appartient; la tortue a ramassé un bout de queue sur le chemin, le bout de queue est à elle. Mais si le singe veut acheter ce bout de queue pour le coller à son autre moitié de queue, je condamne la tortue à vendre au

singe ce bout de queue pour une balle de riz Balam.

Maintenant j'ai dit : Allez.

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