CI. — ANTILLES ANGLAfSES
ANANSI, LE TIGRE ET LA CHEVRE (l)
{^^^?)NE fois, Anansi (l'araignée), le tigre et la Sr^lt chèvre, avec leurs petits, vivaient en- *^^^^ semble dans une maison. Anansi habitait
(i) Paméla Milne-House, Mamma's Black KtnscStories, Edimbourg, Blackwood, 1S90, pet. in-8, p. 65-66.
CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE 481
en haut sous le toit, le ti^'ie au milieu et la chèvre au-dessous. A la fin, néanmoins, ils se querellèrent. Le tigre dit qu'Anansi faisait de la poussière ; la chèvre, de la boue, et qu'il voulait la maison tout entière pour lui. Alors la chèvre dit qu'elle s'en irait et Anansi déclara qu'elle s'en irait aussi. Tandis qu'elles étaient en route, elles entendirent le tigre qui venait derrière elles.
— Groum ! groum ! groum !
Elles arrivèrent à une rivière où il y avait une grande quantité de pierres blanches gisant sur le bord et dans l'eau. Anansi changea la chèvre et ses petits en pierre et les lança de l'autre côté. Aussitôt qu'une pierre touchait le sol, elle redevenait une chèvre et courait dans la forêt. Le tigre approchait de plus en plus :
— Groum! groum! groum !
Il arriva juste comme Anansi lançaitla dernière pierre. Il fut très mécontent et dit qu'il mangerait Anansi. Mais celle-ci lança son fil comme un pont à travers la rivière et .échappa ainsi et le tigre fut laissé :
— Groum ! groum ! groum !
432 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE
LE LION, LA CHÈVRE ET LE BABOUIN (l)
J^^^N lion avait une chèvre pour femme. Un Sk0JI jour, elle alla au marché et, tandis qu'elle **^*^^ était absente, le lion entra dans le bois. Il rencontra un babouin qui fit amitié avec lui, parce qu'il craignait qu'il ne le mangeât et lui demanda d'aller à sa maison avec lui. Le lion pensa que c'était une bonne chance et lui demanda de l'accompagner et de voir ses petits. Quand ils furent arrivés, le babouin dit au lion :
— Comment ! vous avez beaucoup de petits chevreaux ici !
— Oui, dit le lion, ce sont mes enfants.
— Si c'est ainsi, reprit le babouin, ce sont des chevreaux et c'est de l'excellente viande.
— Ne faites pas de bruit ; leur mère va venir tout à l'heure et vous la verrez.
Les chevreaux n'y firent pas attention, mais ils sortirent pour aller à la rencontre de leur mère et lui dirent ce qui s'était passé.
Leur mère leur dit:
— Retournez, n'y faites pas attention, je vais
(i) Dasent, Anaiisl Stories à la suite des Popular laies fivin ihe Nûise, 2' éd. Edimbourg, Douglas, liiSS, in-8, p. 43S.
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maintenant à la maison et je m'occuperai de lui. Alors elle alla acheter de la mélasse et l'apporta chez elle.
— Vous voilà arrivée, dit le lion ; quelles nouvelles ?
— Oh! de bonnes nouvelles; goûtez un peu. Il goûta et dit:
— C'est très bon : c'est du miel.
— C'est du sang de babouin, répondit-elle. On en a tué un aujourd'hui: le sang coulait dans la rue et chacun en emportait.
Le lion reprit :
— Silence: il y en a un dans la maison, nous allons l'avoir.
A ces mots, le babouin se sauva et quand ils cherchèrent après lui, il était parti et désormais ne revint plus près d'eux, ce qui sauva la vie de s chevreaux.
Cil. — NÈGRES DU BRÉSIL
l'émys et l.a. fête au ciel (i)
)N jour, il y avait trois jours de fête au ciel; toutes les bêtes y furent; mais les deux premiers jours, l'émys ne put y aller
(1) Sylvio Romero, Conios populares do Bra^il. Lisbonne, Livraria internacional. 1S85, in-8, p. 143-145.
parce qu'il marchait très lentement. Quand les autres étaient sur le point de revenir, il était encore au milieu du chemin.
Le dernier jour, comme il montrait un grand désir d'y aller, un héron s'offrit à le porter sur ses épaules. L'émys accepta et monta : mais le méchant oiseau lui demandait toujours s'il voyait encore la terre et, quand l'émys lui eut dit qu'il ne la voyait plus, il le lâcha dans l'air. Le pauvre s'en alla roulant et disant:
— Léo, Léo, Léo 1 Si j'en réchappe
Jamais plus de nous aux cieux.
Et aussi :
— Eloignez-vous, pierres et bâtons, sinon vous serez rompus.
Les pierres et les bâtons s'écartèrent et il tomba, mais tout brisé. Dieu eut pitié de lui, rajusta les petits morceaux et lui donna de nouveau la vie en récompense de la grande volonté qu'il avait eue d'aller au ciel. C'est pourquoi l'émvs aie crâne en forme de marqueterie.
LE MACAQUE ET LE LAPIN (l)
k2*E macaque et le lapin firent un contrat par lequel le macaque devait tuer les papillons et le lapin les couleuvres.
Tandis que le lapin dormait, le macaque arriva et lui empoigna les oreilles, les prenant pour des papillons.
Mécontent de cette plaisanterie, le lapin jura de se venger.
Tandis que le macaque était tranquillement assis sur une pierre, le lapin arriva doucement et lui lança un coup de pied sur la queue. Le macaque effrayé poussa un cri et bondit en haut d'un arbre en glapissant. Alors le lapin eut peur et dit:
— Par manière de doute.
Je veux me tenir sur mes gardes,
Par dessous les feuilles
Je dois habiter.
(i) Sylyio Romeio, Ccntes popularcs do Bra-il, ç. 160.