LE RENARD, I.E BABOUIN ET LE LION
k-^E renard et le babouin firent une course ^ et convinrent de ceci :
— Ce que nous trouverons, nous le mangerons en commun.
En route, ils arrivèrent à un grand sycomore qui avait des fruits mûrs. Le babouin grimpa et dit :
— Mange, renard.
— Pour ma part, je n'en mange pas, répondit-il.
Le babouin rédéchit :
— Que signifie donc notre accord ? Ce que nous trouverons, nous le mangerons en commun. N'était-ce pas ainsi ?
— Moi, du moins, je ne mange que de la viande, répliqua le renard ; t'ai-je dit: Nous, nous manderons des fruits ?
(i) Lî Bilin est parlé aux environs JeKiren, dans l'Erythrée italienne.
(2) Reiuisch, Dii Bilin Spi\ich:, t. I, Leipzig, 18S3, Fernau, in-S, p. 220-222.
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— T'ai-je dit : nous mangerons de la viande? repartit le babouin. Ne disions-nous pas : ce que nous trouverons, nous le mangerons en commun r
Le renard répondit :
— Moi. du moins, je ne mange que de la viande, les fruits peuvent être bons pour les singes.
— Alors laiise-les, dit le babouin.
Il mangea les fruits et fut rassasié. Ils continuèrent leur route.
Ils arrivèrentà un mûrierdont les fruits étaient mûrs.
— Mange maintenant, dit le babouin.
— Ce n'est pas là ma nourriture, répliqua le renard, et il s'assit.
Le babouin mangea de nouveau.
— Je vais chez moi, dit le renard.
Le babouin s'en retourna chez lui après avoir mangé toute la journée. Il monta pour dormir sur sa muraille de rochers. Le renard alla trouver le lion. Celui-ci lui demanda :
— Où est votre butin?
Le renard répondit :
— Le babouin m'a amené vers des fruits : j'avais beau lui dire : conduis-moi où sont les vaches, il ne m'a amené que vers des fruits. Lui en a mangé et m'a laissé mourir de faim; je
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viens vers toi en aftamé ; j'ai laissé là-bas le babouin.
Le lion parla de façon à rejouir le renard, mais en lui-même, il se moquait de lui :
— Attends, babouin, tu laisses mourir de faim le renard, mon enfant! Console-toi, je suis ton père.
Et ils demeurèrent ensemble.
l'homme et ses trois femmes (i)
C^,!C>iN homme acheta six vaches : l'une était V|2^1^ noire, la seconde blanche, la troisième ff^ù l'ouge, la quatrième rouge avec une raie blanche sur la face, la cinquième tachetée noire et blanche, la sixième tachetée rouge et blanche. Puis il épousa trois femmes, une noire, une brune et une rouge.
Il assigna deux vaches à chacune d'elles: à la rouge, il donna la vache rouge et celle qui était tachetée de rouge et blanc; à la brune, il donna la vache blanche et celle qui avait une raie sur
(i) Reinisch, Die Biîin Sprdihe, p. 124-126.
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le front ; à la noire, la vache noire et celle qui était tachetée de noir.
Chaque femme fut chargée de traire ses vaches, mais chacune se plaignit. L'une disait:
— Le lait de ma vache n'est pas suffisant ; l'autre disait de mime et toutes les trois parlaient ainsi quand il venaitchazchacune d'elles, suivant son tour.
— Bien, je vous en donnerai plus, répliquat-il.
La fête de l'Elévation de la Croix arriva ; le grain était mûr; il fut battu etmis dans des sacs. L'homme dit à ses trois femmes:
— Partagez.
Elles arrivèrent, se mirent au partage, mais entrèrent en contestation. Alors l'homm.e se leva et dit :
— Pourquoi vous disputez-vous en ma présence ?
II fondit sur elles avec son épée et les tua toutes les trois. Il mit son grain dans les sacs," jeta les femmes dans une fosse et s'en retourna chez lui.
Quand le soir arriva, il s'en aperçut. Il sortit pour chercher une femme, mais il revint sans avoir terminé l'affaire. Le soir venu il s'en aperçut. Il sortit de nouveau et dit :
— Aujourd'hui, j'irai chez une courtisane.
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En route, un lion se précipita sur lui, le tua et le dévora.