‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 12 sur 107 · LE LÉZARD ET LE CHEIKH · texte numérisé non relu

LE LÉZARD ET LE CHEIKH

)SE femelle de lézard pondit un œut sous un lit, le laissa et s'en alla.

Un cheikh prit l'oeuf et le cacha. Quand le lézard revint et chercha après lui, il ne le trouva pas.

Il courut çà et là sans rien trouver. Alors il monta sur la planche où était le laie, y jeta une racine qu'il tira de sa bouche et descendit.

Le cheikh remit l'œuf à sa place. Quand le lézard le retrouva, il y grimpa de nouveau, plongea sa tête dans le lait, retira la racine, descendit et retourna vers son œuf.

Le cheikh dit à l'esclave :

— Jette le lait.'

Elle obéit. Deux chiens s'approchèrent, en bu-

(x) Le bédaouyeh est parlé dans l'est du désert d;; Nubie, entre le Nil et la mer Ronge.

(2) Reiuisch, Die Bc.lauyi Sfi\:c!ie, fasc. I. Vienne, 1S93, Tempsky, in-8, p. 28-29.

CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE 5g

rem et moururent. Deux vautours vinrent, burent et moururent.

b) Hadendoa.

LE COUPr.E DE SOTS (l)

^lyTçjL y avait une fois un sot et une sotte: F^i'^ tous deux se marièrent et devinrent mari ^^"'^ et femme.

Un jour la sotte dit à son mari :

— Apporte-moi du beurre de la maison Je mon père.

— Bon, dit-il.

Et il alla trouver sa belle-mère à qui il dit :

— Votre fille désire du beurre.

Elle en remplit un vase, le lui donna et il partit. En route, il arriva à une terre desséchée.

— La terre de ma patrie est desséchée, dit-il, et il la graissa.

Il revint sans le beurre vers sa femme. Celleci lui demanda :

— Où donc est le beurre ?

Il répondit :

(i) Reiniscb, DU Bcdauye Sprache, fisc. I, p 58-60.

60 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE

— La terre de ma patrie était desséchée, je l'ai graissée.

Elle lui dit :

— Puisque tu as agi ainsi, ma mère ne nous supportera pas, abandonnons le pays.

Ils prirent avec eux de la farine pour vivre et partirent de là. Tandis qu'ils étaient en chemin, ils arrivèrent à un étang plein d'eau. Le mari dit à sa femme :

— Nous allons préparer ici à manger.

— Bon, dit-elle ; pour que le soleil cuise notre nourriture, versons la farine dans l'eau.

Ils la versèrent dans l'eau ; la femme prit un bâton pour remuer la farine et descendit dans l'étang où elle disparut.

L'homme dit alors :

— Ma femme mange toute la nourriture sans moi.

Il descendit dans l'étang où il disparut égaleni.ent.

Voilà ce que gagnèrent ce sot et cette sotte.

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