‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 15 sur 107 · VIII. — AGAOU (i · texte numérisé non relu

VIII. — AGAOU (i

l'homme et les sept lions (2).

[L y avait une fois un homme qui n'était ni riche ni pauvre. Cet homme resta seul, alors que tous les gens abandonnaient la ville, parce qu'il ne pouvait pas charger ses effets.

Alors sept lions vinrent à lui et il leur dit:

— Approchez.

Quand ils furent prés de lui, il chargea sur eux son bagage et il partit.

Après qu'il eut chargé les lions, il rencontra tous les gens qui étaient partis en l'abandonnant, dans un endroit où ils étaient arrivés.

Tous ceux qui l'avaient méprisé auparavant le regardèrent comme un saint. Aujourd'hui encore, tous ses descendants parlent de leur ancêtre qui chargea des bagages sur des lions,

(i) L'Agaou, ou Khassi est parlé dans le centre de l'Abyssinie et sur les bords du lac Tzana.

(2) Reinisch, Die Chamirsprache in Aleisinien , iisc. II, Vienne, 1864, in-8, Gerold's Sohn, p. 4-5.

l'homme et sa sœur (I).

Jl était une fois un garçon qui avait une sœur, mais leur mère était morte. Le mari de la sœur lui amena un jour son frère, mais sans lui annoncer la mort de sa mère. Comme il ne lui avait pas dit que c'était son frère, elle crut que c'était un autre homme.

— Va chercher de l'eau avec un crible, lui dit-elle.

Comme il répandait de l'eau, elle le battit.

— Travaille avec le mortier, lui dit-elle.

Il travailla avec le mortier et le renversa. Alors elle le frappa. Il trébucha sur le mortier et elle se moqua de lui. Ils demeurèrent ainsi.

La mère qui était morte, s'était changée en oiseau et voyait tous les chagrins de son fils.

Comme un jour il se trouvait dans le désert, elle vint à lui sous formed'oiseau.

— Ta sœur se moque de toi parce que tu trébuches dans le mortier, lui dit-elle, et te bat lorsque tu le renverses. Elle te dit : Apporte de l'eau dans le crible.

(i) Rei;iisch, Die Chamhsprache in Ahessiuieti, fuse. II, p. 6-8.

— Oui, répondit-il.

Alors la mère parla à sa fille:

— Tu lui dis : Va chercher de l'eau dans le crible; n'est-il pas ton frère? Tu le fais travailler avec le mortier : n'est-il pas ton frère ? Tu le frappes quand il renverse le mortier et tu te moques de lui quand il tombe !

Sa fille l'entendit et apprit que c'était son frère. Elle pleura beaucoup, le lava, chassa son mari et vécut avec son frère.

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