LA SOURIS ET LA GRENOUILLE
'a souris et la grenouille vivaient ensemble et étaient voisines. Un jour la seconde dit à l'autre:
— On m'a invitée à une noce ; garde ma provision de mil pendant mon absence.
(i) Le Kounama est parlé au nord-ouest et à l'ouest de l'Abyssinitf.
(2) Reinisch, Die Kiniama Sprache, fasc. I, Vienne, 18S1, in-8, Tempsky, p. 87-90.
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— Non, répondit la souris ; je ne garderai pas ton grain.
— Ne suis-je donc pas ton amie ? demanda la grenouille; n'es-tu pas ma voisinePtu dois veiller sur ma provision.
— Bon, dit la souris ; je garderai tes graines. La grenouille se mit en route.
Un lézard vivait dans la provision de mil. Un jour que la souris était sortie pour voler, elle le remarqua et lui dit :
— Ne dis pas que je viens prendre du mil, et je t'épouserai en récompense.
— Bien, dit le lézard ; la souris vola du giain et s'en alla.
Quelques jours après, la grenouille revint de la noce et, en inspectant son logis, ellene trouva plus son grain.
— Comment as-tu gardéma provision f dit-elle à la souris ; n'est-ce pas toi qui l'as volée?
— Je n'ai rien volé; le lézard est mon témoin.
— Bon, allons le voir.
— C'est cela, dit la souris, allons voir le lézard.
En arrivant, la grenouille demanda :
— Lézard, sais-tu ou ne sais-tu pas si la souris a emporté mon grain ?
La souris dit à son tour :
— Mon cher voisin et ami, as-tu vu ou as-tu
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appris que j'aie volé le grain de la grenouille .' Parle.
— Je n'ai ni vu ni appri^ que la souris ait volé le grain de la grenouille, dit le lézard, et il fit un serment.
La souris avait un témoin, la grenouille n'en avait pas: elle perdit. Elles revinrent ensemble toutes les deux.
Le lézard, qui croyait à la promesse de la souris, se prépara à l'épouser : il prit une belle lance, un beau bouclier, une belle épée, un beau poignard, de beaux habits et se présenta.
— Qui est là? demanda la souris.
— Moi, le lézard.
— Que viens-tu faire ici?
— Je suis venu t'épouser.
— Toi, fils desot, tu viens m'épouser! répliqua la souris. Va-t'en épouser la fille d'un imbécile comme toi.
— Sotte, fille desot! quand tu m'en donnerais à plein panier, cela nesignifierait rien ; rends le grain de la grenouille, répondit le lézard ; puis il s'en alla.
LE DROIT MATERNEL (l)
(^.eycuTREFOis, l'eau coulait d'elle-même. Alors tî^MÇj une jeune tille se dit:
"'-^-'-^ — Puisque je vais dans la maison de ma belle-mère, pourquoi l'eau irait-elle à pied ?
Alors elle s'en chargea et la lui apporta.
La belle mère lui dit:
— Pourquoi donc portes-tu l'eau?
Elle lui répondit :
— Je la porte, parce que je pensais qu'autrement, ce serait une honte pour toi.
Alors le fils dédaigna la jeune fille. Sa mère lui dit :
— Pourquoi ne veux-tu pas d'elle:" Il lui répondit :
— Je ne peux pas.
La mère reprit :
— Puisque tu n'en veux pas, tu me fais honte; comme elle m'a apporté de l'eau, je ne l'abandonnerai pas.
Et elle les maria ensemble.
fi) Rcinisch, Die Kunaviaspniihc, fasc. II, Vienne, 18S9, in-8", Tempsky, p. ^-5.