‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 64 sur 107 · LIX. — KONl.E (i · texte numérisé non relu

LIX. — KONl.E (i

LA TORTUE ET l'ÉLÉPHANT {2)

tortue rencontra l'éléphant en route et lui dit :

— Toi, éléphant, tu dis :

(I) Les \S'akonJé habitent sur les bords de la Basse Rovouraa, dans le sud de l'Afrique orientale allemande, près du Mozambique.

(2p Schumaon, GrunJriis einer Gramiualltder Kondispracnf; Mit-

278 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE

— Je suis seul grand ?

— Oui, répondit-il ; ne m'as-tu pas vu ?

— Ainsi tu es grand ?

— Oui, pourquoi ?

— Tu vois ta tête ?

— Comment ?

— Si je saute, je saute par dessus toi.

— Toi!

— Oui, moi.

— Toi, si petite!

— Oui.

— Allons, nous pourrions nous étonner: tu ne peux pas.

— Non, je suis fatiguée aujourd'hui, car je viens de loin.

— Etonne-toi donc de ta fanfaronnade !

— Tu penses que j'exagère ?

— Oui, tu es une menteuse: tu cherches le moyen de t'en tirer.

— Viens donc ; viens demain ici, tu t'étonneras de voir comme je satite.

1,'éléphant s'en alla.

La tortue courut chercher sa femme ; elle la cacha dans la brousse près du chemin. Quand le

iheilutK^fn des Seminars fur oricnlalische Sprnchen ^11 Berlin^ Berlin. 1899, W. Spee'iiann, t. II, fasc. III, p. 82-Sj.

jour fut clair, l'éléphant arriva. Sois le bienvenu, voilà la tortue.

— Es-tu venu, éléphant?

— Oui. je suis venu ; je me suis dit : Je veux m'étonner de voir courir la tortue.

— Viens, tiens-toi ici.

Alors l'éléphant était au milieu: la tortue ici, sa femme la-bas ; l'éléphant entre elles.

— Allons, saute, tortue !

— Hop ! fait-elle de ce côté, et elle feint de s'élancer.

— Hé! dit sa femme de l'autre côté.

L'éléphant pense :

— Je vais voir.

Il trouva effectivement la tortue.

— Diable! c'est si rapide! Recommence, car je ne t'ai pas bien reconnue.

Alors la femme de la tortue dit :

— Hop!

L'éléphant pense:

— Je vais regarder rapidement où elle dit : Hé ! Alors il voit la tortue.

— Non, dit-il, je croîs maintenant que cette fois, tu as passé par dessus moi. Mais à la course, je te vaincrai sûrement.

— Je ne sais pas, dit la tortue; peut-être; je pourrai toujours essayer.

— Allons donc.

— Pas aujourd'hui, j'ai les jambes fatiguées de sauter. Mais viens demain.

— Très bien.

— Viens de bonne heure, car nous aurons une course à fournir.

Alors, pendant la nuit, la tortue prit tous ses enfants, ses cousins et ses alliés ; elle les cacha successivement près du chemin. Elle leur dit:

— Voyez: quand vous verrez arriver l'éléphant, faites semblant de courir sur la route comme si vous luttiez à la course avec lui.

Le lendemain, au lever du jour, l'éléphant apparut et dit :

— Tortue !

— Me voici, dit-elle.

— Es-tu là ".'

— Oui.

— Viens, nous allons courir.

Alors l'éléphant sélance dans sa course. II trouva qu'il avait couru pendant une certaine distance et pensa: Je voudrais voir si jai laissé la tortue en arrière. Il appela :

— Tortue!

A son effroi, il entendit:

— Ici ; et la tortue était en avant. Il reprit de nouveau son clan; il court, il court, il court. Il pense alors : Je vais voir où cette fois j'ai laissé mon amie.

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— Tortue ? dit-il.

— Ici, lui répondit-on en avant, toujours delà même façon.

Ainsi arriva-t-il au détriment de l'éléphant.

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