‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 65 sur 107 · LX. — YAO (i · texte numérisé non relu

LX. — YAO (i

LE CHEF ET l'oISEAU (2)

N grand chef était très puissant et avait tout pouvoir: c'est pourquoi il était très orgueilleux.il prenait chaque oiseau. Un jour, un très bel oiseau apparut dans sonchamp, il mangeait les récoltes du chef et chantait: Tche, tche, tche Tchampada Wezo Ne passez pas ici ; Il y a ici une termitière.

Parce que nos amis sont enterrés ici Mais je briserai vos flèches.

Le chef dit :

(i) LeYao est parlé à l'est du lac Nyassa, dans l'Afrique orientale allemande.

(2) Ferstl, Yao Er;^tthliingen !^Clllheilungen des Seminars fiir oricHlalische Sprachen :;u "Berlin, t. III, fasc. III, Berlin, Speniann, 1900, p. 99-1011, 106-107.

282 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE

— Cet oiseau va certainement manger toutes mes récoltes ; nous allons, mes enfants et moi, le chasser. Ils s'en allèrent et trouvèrent l'oiseau dans le champ. Le chef leur dit :

Regardez cet oiseau, mes enfants; il est très voleur. 11 faut le prendre. Les gens chassèrent cet oiseau, mais celui-ci ne s'en allait pas vite. Il volait toujours à une petite distance, puis se posait et chantait :

Tche, tche, tche, etc.

Les gens le poursuivaient. Les uns furent fatigués; les autres le poursuivirent encore plus loin et se perdirent dans le taillis de bambous.

L'oiseau revint ; le chef désira encore le prendre ; les gens le poursuivirent de nouveau et se perdirent de la même façon.

L'oiseau revint une troisième fois, une quatrième, une dixième. Les gens se perdirent tous et il ne resta que le chef tout seul. Alors les femmes arrivèrent, se plaignirent à lui et lui demandèrent de leur rendre leurs maris. Le chef alla lui-même chasserl'oiseau. Il vint dans la forêt de bambous. Là, l'oiseau ouvrit une colline de termites ; le chef entra et y trouva les autres.

L'oiseau y v.ola, délivra les compagnons du chef, mais l'y retint lui seul en disant:

— Tu asdit : Rien ne peutm'accableret je peu.^ tout.

CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE 283

Un jour, il avait tout pris et s'était rengorgé.

LE LION ET LA TORTUE (l)

L'ATRE défenses d'éléphant, extraordinairement grosses, tellement qu'il fallait deux hommes pour porter chacune d'elles,

étaient là comme prix de la lutte à la course. On

disait :

— Allons, que tous les animaux courent à qui mieux-mieux. Celui qui sera fatigué le dernier recevra l'ivoire.

Beaucoup d'animaux vinrent et coururent à l'envi ; mais ils furent fatigués et abandonnèrent la course, en sorte qu'il ne resta que le lion. Celuici se réjouit et dit :

— Le prix m'appartient.

Alors la tortue se leva et dit :

— Pas encore ; nous allons lutter à la course l'un contre l'autre, de façon à ce que je reçoive l'ivoire.

Le lion s'en détendit, rit et dit :

— Nous ! comment pourrais-tu lutter à la course ? La tortue répliqua :

(i) Ferstl, Ww-ErzMiingen, p. 102-105, III.

284 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE

— Tu le verras bien. ' Ils coururent, mais la tortue grimpa sur le lion.

Celui-ci courut, courut, courut jusqu'à ce qu'il fut fatigué et voulut se reposer. La tortue lui dit :

— Ne te repose pas, sinon je recevrai l'ivoire. Le lion courut encore ; il courut, courut, courut

jusqu'à ce qu'il arriva de nouveau aux défenses. Complètement fatigué, il fit halte, se tourna et demanda :

— Tortue, où es-tu ?

La tortue répondit derrière lui:

— I! y a longtemps que nous sommes là. Alors le lion se vit vaincu et lui laissa toute la récompense.

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