‹ Contes populaires de Basse-BretagneChapitre 15 sur 22 · GUYON L'AVISÉ · texte numérisé non relu

GUYON L'AVISÉ

|L y avait une fois deux frères, dont l'aîné, simple et naïf, et le cadet, avisé et intelligent.

Le premier s'appelait Job, et le second, Guyon.

Job veut voyager pour chercher fortune.

Il part, sert quelque temps dans un château et revient, tondu et malade, ayant eu un ruban de peau enlevé, de la nuque au talon.

Guyon part, à son tour, décidé à venger son frère. Il offre ses services au même château que lui.

On lui demande son nom, et il dit au châtelain qu'il s'appelle Ma Reor (i); â la cuisinière, le Chat; à la châtelaine, le Tapis; à leur fille, Bouillon-Gras, et au portier, Moi-Même.

On l'envoie d'abord garder les pourceaux, dans le bois qui entoure le château.

(i) Mon cul.

Mais bientôt, comme il était intelligent, adroit et assez beau garçon) il devint valet de chambre du seigneur.

Il fait la cour à la demoiselle, qui le rebute.

Un soir, il se cacha sous son lit. La cuisinière s'en aperçut et dit au seigneur, secrètement :

— Monseigneur, Le Chat s'est caché sous le lit de votre fille.

— Qu'est-ce que cela me fait ? répondit-il.

— Je vous dis, reprit-elle, que Le Chat est sous le lit de votre fille.

— J'entends bien ; et quel mal fait-il donc là ? Laissez-le.

Elle parut fort étonnée, et s'en alla en grommelant.

On avait mangé à souper du bouillon gras, avec du lard cuit dedans, et la mère avait dit à sa fille :

— Je crains que tu n'aies encore des coliques, cette nuit, ma fille.

La demoiselle se couche, à son heure accoutumée, sans se douter de rien. Guyon sort alors de sa cachette et se couche à ses côtés, dans le lit.

Elle crie : — « Au secours l Au secours I »

— Qu'as-tu donc à crier de la sorte, ma fille ? lui demanda sa mère, qui couchait dans une chambre contiguë.

— Bouillon - Gras ! C'est Bouillon -Gras!... criait-elle.

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