‹ Contes populaires de la Grande-BretagneChapitre 10 sur 134 · THOMAS DU POUCE · texte numérisé non relu

THOMAS DU POUCE

Il y avait une fois un garçon qui s'appelait Thomas, et il n'était pas plus grand que le pouce d'un homme vigoureux. Thomas étant à se promener, il vintà tomber une pluie violente de gréions, et Thomas se cacha sous une feuille de bardane. Par là passa un grand troupeau de bœufs parmi lesquels un grand taureau tacheté qui se mit à brouter la plante, et il avala Thomas du Pouce. Son père et sa mère ne voyant pas revenir leur fils partirent à sa recherche. En passant près du taureau tacheté, ils entendirent Thomas qui criait :

« Vous me cherchez dans les endroits unis et parmi la mousse, et je suis là, abandonné, dans le ventre du taureau tacheté. »

Alors ils tuèrent le taureau tacheté et cherchèrent Thomas nahordaig, dans les entrailles et les boyaux du taureau; mais

•1. Voy. citations des contes du cycle de Tom Thumb dans l'article de C.aston Paris : ilémoires de la Société de linguistique, l" vol., p. 384. Dans ce remarquable article, après lequel la question est épuisée, M. Paris développe la proposition que la légende de Poucet était à lorigine un mythe relatif à la Grande Ourse; il montre aussi la légende de notre héros apparentée avec celle d'Hermès enfant volant les bœufs d'Apollon ; cet article a été publié depuis en un volume in-i6. Paris, 1875.

ils jetèrent le gros intestin, dans lequel il était *. Par là passa une vieille femme qui s'en s'empara et, en suivant son chemin elle arriva près d'un marais. Thomas lui adressa la parole, et la vieille effrayée jeta loin d'elle le gros intestin. Un renard suivant la route se saisit du boyau, et Thomas cria : « Tayaut "-, renard ! tayaut, renard ! »

Alors les chiens coururent après le renard, le saisirent et le mangèrent, et tout en le mangeant ils ne touchèrent pas à Thomas du Pouce.

Thomas rentra à la maison, trouva son père et sa mère, t'L vous pensez la drôle d'histoire qu'il leur conta.

Ainsi que nous le montrent ces deux versions, Tom Pouce n'a de commun avec notre Petit Poucet que le nom et la vivacité d'esprit. Les aventures de l'un et de l'autre ne se ressemblent en rien, si ce n'est qu'elles démontrent que par l'intelligence un être, ne fùt-il pas plus gros que le pouce, peut égaler les plus grands et les plus forts. Cette idée, vieille comme l'humanité, qui se résume dans notre dicton : « Il ne faut pas juger les gens par l'apparence, » fait le fond d'un très-grand nombre de contes, depuis Cendrillon et Peau d'âne, toutes deux si longtemps méprisées, jusqu'aux nains qui terrassent les géants et aux héros vainqueurs des monstres.

La première version connue de Tom Thumh est due à Richard Johnson et date de 1621; elle était en prose; en 1630, paraît la première version en vers; c'est la seule qui nous soit parvenue; elle a été réimprimée depuis sous le titre de : Tom Thumh, sa vie, sa mort ; on y verra maints actes merveilleux de bravoure et des tours étranges et étonnants; comment le petit chevalier vivait au temps du roi Arthur et était fameux à la cour de la Grande-Bretagne. C'est cette version que nous donnons plus haut. Après avoir commencé par être le nain du roi Arthur, Tom Thumb devient, suivant une édition de 1729, en trois volumes, le nain du roi Edgar. Nous avons vu dans notre préface Tom Pouce jouer dans les Nymphidia de Drayton, le rôle d'un page chez les Pairies. Dans un livre célèbre sur Robin Good Fellow, Obéron enmène danser chez les Pairies ce célèbre lutin^. « Le ménétrier des

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