‹ Contes populaires de la Grande-BretagneChapitre 50 sur 134 · LES FAIRIES DU WILTSHIRE · texte numérisé non relu

LES FAIRIES DU WILTSHIRE

AUBREY. — (WlLTSHIRE.)

En 1633, peu de temps après mon entrée à l'école de Yatton Keynel, notre curé, M'" Hart, fut tourmenté une nuit par les Elfes ou Fairies. Alors il se leva de son lit, traversa les dunes au milieu de l'obscurité et s'approcha d'une danse de Fairies, selon l'expression des gens du pays, c'est-à-dire de l'un de ces cercles verts tracés sur l'herbe par ces esprits. Il aperçut tout à coup une foule innombrable de pygmées, ou très-petits personnages qui sautaient en tournant, tournant, et qui accompagnaient leurs danses de chansons et de toutes sortes de bruits des plus drôles. Le curé fut très-étonné de ce spectacle, mais il lui fut impossible de se sauver étant retenu comme il le supposait par une espèce d'enchantement. Dès que les Fairies eurent jeté les yeux sur lui, ils l'environnèrent de tous côtés, et autant par frayeur que par surprise, le pauvre curé se laissa choir tout de son long. Aussitôt les petites créatures le pincèrent par tout le corps, faisant entendre pendant ce temps une sorte de bourdonnement continuel. A la fin, ils s'éloignèrent, et quand le soleil se leva, M"" Hart se trouva au beau milieu d'une danse de Fairies. — C'est de lui-même que je tins ce récit, peu de jours après son aventure. Mais quand mon camarade de lit et moi, nous voulûmes ensuite aller pendant la nuit à une de ces danses sur les dunes, nous ne rencontrâmes ni Elfes ni Fairies. Il est vrai que ces lutins ne se montrent que rarement à ceux qui veulent les voir.

1. Ce conte est publié dans : Fairy Taies illmtrating Shakespeare. Il est extrait d'un ouvrage du xvn' siècle.

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