LE « CAULD LAD D'HILTON
RICHARDSON. — (Newcastle'.)
Le château d'Hilton était jadis habité par un Brownie nommé Cauld Lad. Toutes les nuits, les domestiques qui couchaient dans le château l'entendaient travailler dans la cuisine, dérangeant les objets quand ils étaient en ordre ou les arrangeant d'une autre façon, ce qui arrivait le plus fréquemment. Hs résolurent de le bannir, et le lutin, qui semblait deviner leur projet, chantait souv(;nt d'une voix mélancolique :
— Malheur à moi! malheur à moi! le gland n'est pas encore tombé de l'arbre, d'où naîtra le bois avec lequel sera fabriqué le berceau où dormira l'enfant qui devenu homme saura m'apaiser !
Cependant, les domestiques eurent recours au moyen ordinaire de bannir un Brownie : ils laissèrent un manteau vert et un capuchon près du fourneau de la cuisine, et se tinrent en sentinelles. Bientôt ils virent le Brownie entrer, regarder les habits neufs, les essayer, et, en apparence fort joyeux, sauter en frétillant autour de la cuisine. Mais, au premier chant du coq, le Brownie disparut en criant :
Voici un manteau, un capuchon!
Le Cauld Lad d'HiltoH ne fera plus rien de bon!
Jamais il ne revint à la cuisine ; cependant on assure qu'on peut l'entendre encore à minuit chantant tristement sa chanson.
Dans le Devonshirc, les Pixies domestiques ont le même désintéressement c[ue les Brownies. Si on leur fait d'une ma-
1. Histoire rapportée par Keii,'litley, d'après Richardson : the Local Historiàn's Tabk
Liijok.
nière maladroite un cadeau d'habits neufs, elles s'enfuient en criant : « Beau pixy, gai pixy, — sauve-toi maintenant. » D'autres Fairies écossais sont assez semblables aux Brownies; ils ne demeurent pas dans la maison même, mais dans son voisinage, souvent même sous le seuil de la porte. Ils ont des relations avec les humains, prêtent, empruntent et rendent toutes sortes de petits services. W. Scott, dans Minstrelsy, donne le récit suivant d'un de ces Fairies qu'on nomme Bons voisins.