CO-ME XLVII
LES BROWNIES (Abrégé).
STEW.VRT. — (HlGHLANDS.)
Les deux derniers Brownies connus dans les Higlilands demeuraient dans la vieille famille de Tulloch-gorm. Ils étaient mariés. Le mari était d'humeur joviale et s'amusait aux dépens des domestiques. Il aimait entre autres à jeter des mottes de terre aux passants. On le nommait Brownie- Clod. Comme il était d'esprit assez simple, il était facile de le duper. C'est ainsi qu'il avait fait avec les domestiques la convention de battre autant de paille et de blé que deux hommes pendant l'hiver, à la condition qu'on lui donnerait un vieil habit et un capuchon. Pendant que les servantes se reposaient tranquillement sur la paille, le pauvre Brownie- Clod battait sans relâche. Quelque temps avant l'expiration du contrat, les gars, par pure pitié, placèrent l'habit et le capuchon sur un tas de blé dans la grange. Dès que le Brownie eut jeté les yeux sur ce cadeau, il refusa de continuer l'ouvrage, et leur dit d'un ton blessé :
Vous me donnez un habit et un capuchon!
Le pauvre Brownie ne travaillera plus pour vous!
Sa femme, au lieu d'être le jouet des servantes avec lesquelles elle travaillait, était au contraire un vrai despote. Elle était rarement en bons termes avec elles, à cause de la fidélité avec laquelle elle faisait savoir au maître et à la maîtresse quand celles-ci négligeaient leur ouvrage. Elle était excellente ménagère et elle avait le service de la table. L'adresse, avec laquelle elle mettait le couvert, tout en restant invisible, faisait le bonheur des étrangers et des hôtes. Tout ce qu'on lui demandait venait se placer sur la table avec aisance et rapidité, et pour le soin et la propreté, elle n'avait pas sa pareille.