Edda, trad. du Pugel, p. 27o
a. Fr. Michel et Depping. Dissertation sur Véland le forgerun.
3. Voy. le curieux chapitre sur les lilles cygnes dans Gould : Curions Myths — Voy. aussi Cox : Mytiiology of tlie Aryan Mations.
Cygne en J440. Plusieurs contes allemands* entre autres : les Six Cygnes de Grimm, les Sept Corbeaux de Beclistein, le Voile volé de Musœus, la Montagne de verre de Simrock, s'inspirent de la même tradition. — Si d'Allemagne nous passons en France, nous trouvons le fameux roman du Chevalier au Cygne^, basé sur la métamorphose en cygnes des enfants de la reine Béatrix, femme d'Oriant. Le seul enfant qui n'ait pas subi cette transformation, le chevalier Elyas, ya à la recherche de ses frères et sœurs, conduit par un cygne qui remorque son bateau. Déjà, dit M. Ilippeau, Guillaume de Tyr, au xn° siècle, mentionne cette gracieuse légende dont s'emparèrent Conrad de Wurzbourg, l'auteur de Schwan Ritter (le Chevalier au Cygne), puis l'auteur anonyme du Lohengi'in, et avant eux Wolfram d'Eschenbach, dans son Parcival.
En Russie, le conte du Roi des Eaux et de Vassilissa la Sage ^ nous montre un prince qui, sur le rivage de la mer, voit douze oiseaux s'abattre sur le sol humide, se changer en jeunes filles et se baigner. Ce prince dérobe la chemise de la plus âgée et s'assoit derrière un buisson. Quand les filles ont fini de se baigner, onze d'entre elles mettent leurs chemises, redeviennent oiseaux et s'envolent. La douzième reste au pouvoir du prince, et plus tard elle l'épouse. Mais nulle part le mythe ne se trouve plus complet et plus gracieusement conté que dans les contes indiens et persans. Keightley {Fairij Mythology) cite d'après un recueil persan : le Jardin du savoir, une charmante légende de Péri, dont voici le résumé. Un voyageur vit au point du jour quatre colombes s'envoler d'un arbre sous lequel il était étendu, puis se poser au bord d'un étang. Elles se changèrent alors en Péris et prirent le plaisir du bain. Le voyageur déroba les vêtements des baigneuses et les cacha dans le creux d'un arbre. Quand les Péris sortirent de l'eau, elles furent au
\. Contes allemands, traduction Frank. Didier, 1870.
2. La Chanson du Chevalier au Cygne et de Godefroy de Bouillon, publiée parHippeau. — Aubry, -l87/i.