‹ Contes populaires de la GrandeBretagneChapitre 104 sur 127 · LES DEUX BRÈMES. — LÉGENDE DE SAINT LEVEN · texte numérisé non relu

LES DEUX BRÈMES. — LÉGENDE DE SAINT LEVEN

R. HUNT. — (Cornouailles.)

Un soir, après le coucher du soleil, saint Leven péchait du haut d'un rocher. La ligne devint pesante et en la retirant, il trouva deux brèmes au môme hameçon. Le bon saint voulant les traiter de môme toutes deux et éviter môme l'apparence de la partialité, retira de l'hameçon les poissons et les rejeta dans la mer. Elles revinrent se faire prendre encore et le saint les rejeta de nouveau dans la mer. Mais la ligne ne fut pas plutôt lancée une troisième fois, que les poissons y mordirent encore. Saint Leven se dit qu'il devait y avoir là quelque raison inconnue de lui ; alors il emporta les poissons. Quand le saint fut de retour, il trouva sa sœur, sainte Brigitte, qui venait le voir avec ses deux enfants. Alors il comprit que c'était la main de la Providence qui avait guidé les poissons jusqu'à son hameçon. Mais les saints eu x-mômes sont aveugles quand ils essaient de sonder les voies de Celui qu'on ne voit pas. On fit cuire les poissons pour le souper et le saint ayant béni le repas, on s'assit pour manger. Les enfants venaient de loin et avaient très-faim. Ils mangèrent vite et n'ayant pas pris le temps d'enlever les arêtes, ils s'étranglèrent. C'est ainsi que ce qui semblait une bénédiction se changea en malédiction, et la brème, depuis lors, porte parmi les pêcheurs le nom de « étrangle enfants ».

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