‹ Contes populaires de la GrandeBretagneChapitre 105 sur 127 · SAINT MOT ET LES POISSONS · texte numérisé non relu

SAINT MOT ET LES POISSONS

R. HUNT. — (Corsouailles.)

Un jour saint Niot était à ses dévotions. Un ange lui apparut, et lui montrant trois poissons dans un bassin, il lui dit: « Voici pour toi, tu peux en prendre un par jour pour te nourrir, leur nombre ne diminuera pas, mais pêche-les toujours toi-même. » Beaucoup de temps s'écoula et tous les jours le saint prenait un poisson dans le bassin et le lendemain il en trouvait encore trois. A la fin, le saint qui, malgré sa piélé, était soumis aux souffrances humaines, tomba malade. Étant retenu au lit, saint Niot envoya son serviteur Barius chercher un poisson pour son dîner. Barius, désirant être agréable à son maître, attrapa deux poissons. 11 en grilla un et fit bouillir l'autre. Barius les porta bien cuils, sur un plat, à son maître, qui fut saisi de crainte en songeant aux conséquences que pourrait avoir l'acte de son serviteur; car en ne prenant pas le poisson lui-même, il avait désobéi à l'ange. Un aussi saint homme ne pouvait pas céder à la colère; alors il s'assit sur son lit, et au lieu de manger il pria avec ferveur sur les poissons cuits. A la fin, sa sainte prière fut exaucée. Saint Niot ordonna à Barius de rejeter les poissons dans le vivier, et dès qu'ils eurent touché l'eau, ils revinrent à la vie et allèrent retrouver le troisième poisson comme si de rien n'était.

Cette histoire est rappelée dans les vitraux de l'église de Saint-Niot.

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