MAGIE, ETC
CONTES DE FAIRIES
Les superstitions relatives aux Fairies sont les mêmes par toute l'Angleterre ; leurs noms s«uls varient selon les comtés. Mais bons ou malfaisants, surtout malfaisants, les Fairies sont toujours appelés les lionnes gens (Good People) et, dans les Highlands, les lutins les plus turbulents portent le nom de (Doine-shi), Hommes de paix. Le diable est aussi désigné sous le nom de Bonhomme ; mais ni lui ni Satan ne figurent guère dans les légendes anglaises ; il est vrai que nos voisins en donnent la monnaie dans la pléiade de leurs esprits malfaisants. Poussés par le môme sentiment de crainte ot do flagornerie, les Latins nommaient les Miséricordieuses (Parca?) les trois impitoyables sœurs qui filent et tranchent les destinées humaines, et les Grecs appelaient les Bienveillantes (Euménides) les divinités vengeresses du sang et du parjure.
L'air, les colHnes verdoyantes, les bois ombreux, la nature entière sont remplis d'esprits. C'est à eux qu'étaient jadis attribués tous les phénomènes naturels, et les éléments qu'ils peuplaient étaient soumis à leurs ordres1. Chez les Grecs, au dire d'Apulée, les démons étaient comme les Fairies des esprits intermédiaires qui habitaient entre le ciel et la terre. Quand vint le christianisme, tout en continuant de croire aux Fairies, on se les représenta dans certains pays comme les âmes des petits enfants morts sans être baptisés ; dans le pays de Galles et en Cornouailles, ils passaient pour être les âmes des anciens druides qui, trop bons pour aller en enfer, n'étaient pas assez purs pour entrer en paradis; ailleurs on les considérait comme des anges qui, au moment de la
l.Voy. Pictet : Oriqinet indo-eurapitnnti, II» vol., p. 6W et suiv., le chapitre sur let croyances aux esprits chez les Aryens.
révolte de Satan, n'avaient voulu prendre parti ni pour Dieu ni pour le diable*.
Ils vivent dans la crainte du jugement dernier et cherchent les moyens d'éviter la damnation future.