LA CHASSE DES FAIR1ES
WALDRON. — (Ile de Man.)
Un jeune matelot, revenant d'un long voyage, débarqua une nuit à Douglas. La lune était dans son plein et il faisait un petit froid sec. Comme le matelot traversait une montagne assez élevée, il entendit les hennissements des chevaux, les cris d'un chasseur et le son du cor. Il fut bien étonné de rencontrer une chasse à cette heure de la nuit, mais avant d'avoir pu réfléchir à cette aventure, les chasseurs passèrent si près de lui qu'il put les compter. Ils étaient treize, vêtus de vert et montés sur de magnifiques coursiers. Le matelot était si charmé de ce spectacle qu'il eût volontiers suivi la chasse s'il avait pu la rejoindre. Il traversa la route afin de la voir encore et pendant plusieurs milles il entendit retentir le bruit du cor. Enfin, arrivé chez sa sœur, il conta ce dont il avait été témoin ; sa sœur frappa ses mains l'une contre l'autre, tant elle était heureuse que son frère fût sain et sauf, car, dit-elle, « ce que tu as vu, ce sont les Fairies et tu as de la chance qu'ils ne t'aient pas emmené avec eux. *
Nous allons maintenant pénétrer dans la vie de famille des Fairies ; nous verrons qu'ils ont des enfants, qu'ils les bapti-
1 . Vny . plus loin les légendes de Dullahans ; elles se rattachent ù celle du Féroce Chasseur.
s. M. «iould (Curiout Mythi), p. 27, raconte que la tradition allemande du Féroce Chasseur se confond parfois avec celle du Juif errant. Le Féroce Chasseur passe, en certains pays, pour avoir été un Juif qui, quand Notre-Seigneur eut soif, lui offrit d'un air méprisant l'eau qui se trouvait dans un creux formé par l'empreinte du sabot de son cheval.
sent et qu'ils cherchent pour eux des nourrices, absolument comme de simples mortels. L'influence du christianisme imprègne ces récits d'origine païenne.