‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 23 sur 91 · LA HOULE DU LONG-VAL · texte numérisé non relu

LA HOULE DU LONG-VAL

Au temps jadis il y avait des Kes dans la Houle du Long-Yal : elle se proIoDgeait loin sous la falaise ; car ceux qui habitaient le village de la Yille-Lion entendaient sous leur foyer un coq qui chantait, un rouet qui filait on des gens qui s'appelaient sous terre.

Les f^es avaient un doui (2), que les anciens nomment. encore le Dou6-des-F6es ; elles venaient y laver ia nuit, et quand les p6cheurs descendaient pour aller p6cher k la seine dans les gu6s de TArguenon, ils les voyaient occupies h leur lessive ; le jour elle meltaient leur linge h s^cher sur les pentes des falaises ; 11 6tait si beau et si blanc que maintenant encore, quand on veut parler de linge bien lav6, on dit qu'il est blanc comme celui des f6es.

Elles avaient — respect de vous, — une truie qui venait manger desffeves dans le champ d'un fermier ; un jour qu'il voulait Ten chasser k coups de gaule, il entendit une voix qui disait :

— Laisse la truie manger tes f6ves tout son saoW. Tu as un chanteau de pain h la maison ; lu pourras en couper pour toi et pour ta famille autant de morceaux que tu voudras, il nediminuera point et restera tou-

(t) Cctte houle est sita^e non loin du village de la Ville-Lion, sur la limite de la commune de Saint-Cast et de celle du Guildo. (2) Lavoir.

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CoaU en 18S0, pu JtcqaemiM Nieotis, de Sainl-Cu(, fenne Conrlua, ifte de 60 us enTiroa.

LES FfiES DU PORT-BLANC O

All temps jadts, les f^es du Port-Blanc venaient faire visile h celles du Colombier. Toutes les nuits le meimier de Quatre-Vaux entendaitde la musique et des chants ; mais il ne voyait personne.

Un jour qu'il allait au Colombier, qui est h pcu dedistanue du moulin, il vit une bande d'hommes et de femmes qui dansaient dans la prairie; mais il n'en coDnaissait aucun : il Ee cacha et allendit que leur ronde fttt liaie ; alors il les vit s'Sloigner, une partie se fourra dans la Houle du Porl-Blanc, et les autreit euient I'air de disparaitre sous la terre tout prfes des falaises de SanL-Jague). On ne voyait pas par oii ils^ &vaient pu passer, h moins qu'ils ne Tussent entr^s dans une sorte de tranche qui se nomaie le Trou-^- Ganobi. En rentrant cbez lui, le meuaier raconta ce qu'il avait vu h ceux de sa malson, et ils en furent bien sDipris.

11 y avait au moulin une petite Qlle d'um; duuzainc d'ana^es qui avait entendu son p^re ^•jltIhv de la danse des f^es; un jour elle se leva, et, peiulaut que ses parents 4taient au moulin, elle se renilit k I'eodroit dont son p6re avait parl^.

En se levant, sa mbre croyait la trouver au lit, et elle I'appela pour dejeuner.

9d LES FfiES DU PORT-BUNC.

— L^ve-toi, Marie, te dejeuner est pr6t, cria-t-elle. Mais elle ne reijut aucune r6ponse. Elle regarda alors dans le lit, et fut bien 6tonn6e de le trouver vide. Elle courut au moulin, et demanda h son mari s'il n'avait point Yu sa fille Marie.

— Non, r6pondit-il, est-ce qu'elle n'est pas k la oiaison ?

— Ce matin, dit la mfere, quand je Tai appel6epour dejeuner, elle n*a point r6pondu, et je ne Tai point vue dans son lit.

— Elle sera sans doute chez les voisins, repartit le plire.

La femme alia chez ses voisins, puis de porte en porte dans le village; personne ne Tavait vue, et elle revint raconter au meunier qu'on ne retroavait sa fille nulle part.

— Je parie, dit-il, qu'elle se sera lev6e pour aller voir les f6es dont je t'avais parl6 Tautre jour; il me semble qu*elles 6taient aiijourd'hui plus pr^s d'ici que d'habitude, et j*ai cru entendre pleurer.

— Eh bien ! r^pondit la m^re, ce soir il faudra aller au lieu oil Ton voit les f6es.

Us all^rent k la prairie oil on les enlendait tous les soirs ; mais ils passferent la nuit sans en avoir connaissance, et il en fut de m6me pendant longtemps.

Un jour qu'ils entendaient de la musique qui sortait de la Houle du Port-Blanc, ils se couch^rent sur Therbe pour attendre la sortie des f6es. lis virent des homnnes et des femmes qui s'attiraient de la mer, d'autres sortaient de la houle et se mfilaient avec eux. Ils pass^rent tous ensemble aupr^s du meunier et de la meuni^re qui se mirent k crier :

— Marie, Marie, viens-t*en venir.

Us r6p6t^rent plusieurs fois leur appel, mais personne ne leur r6pondit. lis continu^rent k crier

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