‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 31 sur 91 · LE CORPS SANS AHE · texte numérisé non relu

LE CORPS SANS AHE

— Je vais Teteindre ; ra fen, ou lu t'en troureras mal.

— Nous allons voir, rdpondit le gardien.

li d^fendil si bien son feu que le Corps sans dme ne put parvenir h T^teindre et s'en alia tout penaud.

Au matin les deux fr^res vinrent voir leiir ain£, et lui demand^rent comment il avail pass6 la nuit; mais, de peui' de les elTrayer, il ne leur raconla pas ce qui lui itait arrive.

La nuit suivante, le cadet fut de garde III son tour ; un peu avant minuit il vit venir le petit homme qui lui dit :

— Que fais-tu \hl

— Je garde ma fou6e, r^pondit-il.

— Fais alleniion h bien veiller, dit le nain; car k minuit le Corps sans ^me va venir pour T^teindre; mais ne le laisses pas efFrayer par ses menaces ; si tu n'as pas peur, il ne te fera aucun mal.

Le petit homme s^eloigna, et k minuit le Corps sans 4me arriva en criant :

— Que fais-tu Ici, petit ver de lerre, poussi^re de mes mains?

— Je garde ma fou6e.

— Laisse-moi T^leindre ou je vais le hacher menu comme chair h p^l6 1

— Si tu peux, r6pondit le gargon.

11 d6fendit son feu avec courage, et le Corps sans lime ne putT^teindre et s'en alia tout penaud.

Le matin venu, les deux frferes demand6rent i\ leur cadet comment il avail pass6 la nuit; mais il ne leur raconta point les apparitions qull avail vues.

La troisi^me nuit, le plus jeune fut k son tour charge de garder la fou6e; le pelit homme ne vint point le pr6venir, et h minuit le Corps sans dme se pr6senladevanL Jui en criant :

*^^ LE CORPS SAMS 1MB.

— Que fais-tu IS, petit yer de terre. pomsifcre de meg mams?

— Je garde ma foufie, rfipondit-U en trambUnU

— Je veux r^teindre, dit le g&nt ; laissemoi faire ou je te haeherai menu comme chair 1 pile.

, Le petit gargon s'6loigna, car il a?ait penr, et le Corps sansame iteignit la fou^e.

Quand les deux ain^s arrivferent an malia, Jls dirent A leup frfere qu'il gtait un petit propre's rien, puisqc'il nVtait mfime pas capable de ganJer le feu!

— Si vous me grondez lant, ripoDdit-il, je vais m'en allep tout seul chercher fortune, et toqs iaisser lous deux ensemble.

— Va, va, lui direnHIs, tu ne ferais que nous embarrasser.

II les quitta, et se mit en route sins trop savolr oil il irait. Comme il passait sur le bord d'un £lang, il vit une larandi^re, k laquelle il souhaita le bonjoar. Cetait la femme du Corps sans Ame; mais elle 4tait chr^tienne comme le jeune garden.

■ — Pourriei-Tous, lui dit-il, m'indiquer un endroit oil je truuverais de I'ouvrage et du pain ? Je vuyageais . ut ils m'ont cliass4 parce que j'ai I I'ldndre leur fou^e.

#iens »vc'i- uioi au ch&teau, lui rSpondit-elle ; tu nts ^\ tuaiiger et k boira autant qu'il te fera - Corj>.-i ians Ame, mon man, dort ringt- Ws di' suite sans s'^veiller, et il n'y a pas qu'il t'stendormi.

iioi, deinanda-t-il, appelez-Tous Totre marl

lUQ^ ?

repoudit-elle, parce qu'il a un lion ef-

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