KT LA HEINE DES 6REN0UILLES
msas prends garde, si tu ne me mets pas k aller, le moalin n*aura plus jamais d'eau.
— Avant de t'en aller, dit le meunier qui n'avait pas encore parl6, il faut que tu me promettes de faire cesser la guerre; il y a trop longtemps que tu me fais du tort, et que toutes les nuits tu m*emp6ches de dormir.
— Pourquoi, reprit Tautre bomme, n'^pouses-tu pas le roi des Grapauds?
— Jamais, s'6cria-t-elle, je ne consentirai h me marier avec lui : il est trop laid.
— Je vais t'emportec chez moi, dit le meunier.
— Si tu me laisses une beure sans eau, dit la Gre* nouille, je mourrai, et jamais ton moulin ne moudra plus.
Le meunier apporta une grande cuve pleine d'eau et y mit la Grenouiile.
Quand Tint le soir, voil^ les grenouilles qui se mettent h coasser, les crapauds h descendre la montagne, et le combat recommenga : d^s que la reine des Grenouilles apergut le roi des Crapauds, elle fit un saut de plus de dix pieds et s'^langa sur son ennemi : pendant toute la nuit il y eut encore un grand carnage de Crapauds et de Grenouilles, et la bataille ne cessa qu'avec le jour.
Le lendemain Tbomme qui comprenait le langage des animaux revint au moulin ; il graissa de nouveau son filet, etla reine des Grenouilles vint s'y pi^endre; mais cette fois elle fut obligee de promettre d'^pouser le roi des Crapauds, pour faire cesser la guerre. On alia cbercber le roi des Crapauds qui arriva tout joyeux de cette bonne nouvelle.
Quand elle le vit, elle lui dit :
— Ab I Crapaud, comment veux-tu que je t*6pouse, toi qui es si laid I