LE P1LM)T0US
que la princesse elle-m6me lui avail mis les trois mouchoirs dans la pocbe, et elle lui cooseilla dialler au palais du roi et d*y enlrer hardiment.
Quand il y arriva, on y Taisait un grand feslin poor I c^I^brer la d6livrance de la princesse : son p5re, la; voyant toute triste, lui demanda si elle £tait contra- 1 ri6edese marieravecle prince sonfianc6. Elle r^pondit d*abord qu*elle agirait suivant la Yoiont6 de son p^re ; mais ensuite, press6e de questions, elle iini t par avouer qii'elle d^sirait, k moins que^ le roi ne s'y opposd.!, ; 6pouser son lib^rateur qui avail soufTert pour elle. Le Pillotous parut en ce moment, et comme c*6tait un , homme de bonne mine, k Tair ouvert et k la figure inteiiigente, ii ne d^plut pas au p^re de la princesse,:^ qui consentit voiontiers aumariage. lisfirent de belles ^i; noces, auxquelles furent invites bien des gens^ et ils ,. v6curent heureux jusqu'i un flge ayanc6.
Cont4 en 1879, par Marie Huchetz d'Erc^, &g^e de 13 ans.
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II itait une fois un homme qui avail une petite 6Ile; il lui avait donn6 une fie pour marraine et il Taimait bien. Mais sa femme mourut, et comme il etait encore jeune, il se remaria et de son second mariage il eut une fille.
La femme, comme c*est Tordinaire des bellesm^res, n'aimait point Tenfant de son mari, et elle itait jalouse d'elle parce qu'elie 6tait plus jolie que sa fille. Elle Tenvoyait garder les moutons et lui donnait seulement un petit morceau de pain sec pour sajourn^e.
Un jour la petite fille ^tait h regarder son morceau lie pain ; elle songeait qu*il 6lait bien petit et bien dur, etquc, pendant que sa sceur restait k la maison bien ct)oy6e et bien nourrie, elle 6tait dans les champs, trait6e comme une mendiante. Elle se mit h pleurer el elle vit sa marraine qui passait par 1^, d^guis^e en chercbeuse de pain.
- Qu'as-tu h pleurer, ma petite fille? lui demandalelle. .
- Regardez, r6pondit-elIe, ce que j'ai pour me nourrir toute la journ6e.
- Ce n'est gu^re, mon enfant; mais tu en as encore plus que moi : veux-tu m'en donner un petit iQorceau ?
L'enfant partagea son pain avec la vieille, et ell
180 CENDROUSE.
comme elles avaient maavais coeur, elles direat que si cela eontmuait, elles iraient avec leur m^re chasser la bonne femme qui Toulait du bien k Cendrouse^
Quand le lendemain Gendrouse yit Tenir la fee, elle lui raconta les propos de ses soeurs, et elie pleurait en pensant k leur in6chancet£.
— Youdrais-iu, dit la fee, 6tre mieux habillee que tu n*esy et avoir de beaux T^tements bien chauds k la place de tes haillons perc^?
— Ah ! oui, r^pondit-elle, j'en serais bien contente, quand ce ne serait que pour rendre jalouses mes s(Burs qui sont si m^chanles.
— II ne Taut pas leur souhailer du mal, 11 faut an contraire leur d^sirer du bien, dit la vieille.
— Je t^cherai, r^pondit Gendrouse, de ne plus les ditesier, puisque tel est votre d^sir.
La bonne femme lui donna une baguette blanche en disant :
— Ton p^re a fait pousser sur son fumier de belles eitrouilles qu'il a soigneusement ramass6es quand elles out €\& mfLres : prends la plus grosse et porte-la dans Taire. Quand tu Tauras frapp^e d*un coup de baguette, elle se transformera en carrosse : appelle le chat qui se chaufiTe dans les cendres et qui n'a pas peur de toi, car tu ne lui as jamais fait de mal; en trois coups de baguette tu le feras devenir un cheval tout atteli ; et quand au lieu de tes vieux haillons tu auras des habits plus beaux que ceux de tes sceurs, tu monteras dans ta Toiture pour te promener, et la baguette te fournira tout Targent que ttt d^sireras.
GENDROUSE. 181
Gendrouse ne savait comment remercier la vieille lerame t elle retourna k la maison, el bienl6t elle raonladans un beau carrosse atlel6 d'un cheval vigourcnx : elle 4lait aussi liien v6tue qu*une dame de la ville, et elle commenga h se promener.
Sur la route elle rencontra la vieille femme qui marchait p6niblement appuy6e siir un b&ton : aussit6t elle arr^ta sa voiture et inyita la pauvresse k y monler. Gelle-ci accepta, et, d&s qu'elle fut assise anpr^s de Gendrouse, elle rede\int jeune et belle et ses v^ements 6taient magnifiques ; elle dit h la petite fille :
— Tu as bien fait de ne pas avoir bonte de secourir une pauvre vieille mal y^tue : si tu avais 6t6 ingrate et orgueilleuse, tu aurais tout perdu, et per- Sonne ne t'aurait plus prot6g6e contre ta belle-m^re et tes sceurs.
Cendrouse voyagea quelque temps avec la r6e qui, ravie de son bon naturel, lui tit 6pouser un beau monsieur avec lequel elle v6cut heureuse.
Conic en 1879 par Aim6 Pierre, dn LifTr^, &g^ de 19 ans,
gargon de fernie h Erc^.