‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 50 sur 91 · L'ENFANT QUI VA CHERCHER DBS REM6DES · texte numérisé non relu

L'ENFANT QUI VA CHERCHER DBS REM6DES

mis sur Therbe au bord de Tdtang. II vint h la cabane de Togre, et lui dit que se Uche 6tait accomplie.

— Les as-tu tous pris?

— Qui, r6pondU-il, excepts un petit poisson dor6 qui m'a suppli6 de le laisser aller.

— Goquin, s'icria Togre, c'est mon ennemi mortel ; malheur k toi, s'il est encore dans r6tang!

L'ogre regarda ies poissons, puis il souf fla sur T^tang, et vit qu*il n'en restait pas un seul dansl*eau, parce que le petit poisson dor6 s'6tait enfonc6 bien profond^ment dans la vase. II laissa passer le petit gars qui continua sa route, et arriva dans une plaine oix s'6tendait k perte de vue un champ de bl6 ; Ies tiges ^talent plus hautes qu'un homme, et Ton n*y voyait aucun sentier.

— Comment faire? se dit le petit gars.

II regarda de tous c6t6s, et apergut une cabane oii il entra :

— Bonjour k yous, dit-il ; voulez-vous me laisser passer?

— Non, lui r6pondit un gSant, je ne te laisserai passer que si tu peuxcouper le bl6, le battreet enTaire du pain.

Le petit gargon se rappela le conseil de la f^e; il se mit k TcBuvre, et en peu de temps il eut accompli sa tAcheet vint pr6venir le gSant.

Le g^ant arriva sur le bord du champ, puis il souffla et vit qu'il ne restait pas un grain de bl6; alors il livra passage au petit gars.

L'enfant se remit en route, et, k force de marcher, il arriva prfes d*une grille qui s'dtendait k perte de vue ; derri^re elle il y avait des tigres, des 16opards et des serpents qui montraient leurs dents comme pour Tavaler et faisaient un bruit k rendre sourd.

— Comment faire? se dit-il.

L'filSFANT QUI VA CBERGHER DES REMfiDES. 195

Il.regarda de tous c6l6s et vit une cabane od il entra :

— Ne pourriez-vous, demanda-t-il, me livrer passage?

— Non, r6pondit le g6ant, h moins que tu ne tiies en huit jours toutes les bfttes Kroces qui sont derri^re la grille.

— Si j'avais des armes, j*essaierais, dit le petit gars ; mais je n'en ai point.

— Tiens, Yoici un arc etdes fleches.

Le petit gars prit Tare et les filches, et au bout du septifeme jour, il avail tu6 toutes les b§tes f6roces. Le geant vint, souffla sur les bfttes Stendues k terre ; aucune ne remuait, et il le laissa passer.

Le petit gars, h force de marcher, arriva au Mont- Blanc; c*6tait une grande montagne qu'il eut bien de la peine h gravir, et, quand il fut au haut, il vit le chathuant qui lui dit :

— II 6tait temps, grand temps que tu arrives; cinq minutes plus tard, tu ne me retrouvais pasni Therbe non plus. Tiens, voici Therbe k trois coutures, serre-la pr6cieusement ; mais donne-toi bien garde h ton retour, cartu auras k passer beaucoup de precipices.

— Comment faire, chat-huant, pour ne pas y tomber ?

— Prends une plume de ma queue et mets-la entre tes jambes, tu traverseras tous les obstacles.

Le petit gars arracha une des plumes de la queue du chat-huant et se la mit entre les jambes comme s'il chevauchait un b^ton ; aussit6t.le voili parti dans les airs, et, en moins de cinq minutes, il arriva k la cabane de sa m^re.

Aussit6t descendit par la chemin6e la petite f6e qui n'6tait pas plus haute que la botte d'un cavalier ; il lui donna Therbe aux trois coutures qu'il avail cueill'

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sur le Mont-Blanc. Elle frotla avec Therbe la bonne femme qui gu^rit aussit6t.

Depuis ce moment la m^re et ses trois enfants v6curent beureux tons ensemble, et, s*ils ne sout pas morts, ils vivent encore.

ContS en 1880 par Joseph Mac^, de Saint-Cast, mousse, &ge de 14 ans. l\ tient ce r^cit de sa soeur.

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LE BERGER QUI EPOUSA LA FILLE DU ROl

II 6tait une fois un roi qui avail une fille si bien ^lev6e qu'elle ne donnait de dementi k personne, et il promit de la donner en mariage h celui qui pourrait lui faire dire : « Tu en as menti. » Gomme la princesse 6tait jolie, il yint de tous c6t6s des gens pour tenter Taventure ; mais aucun ne r6ussit.

Un garQon de ferme, qui se nommait Jean, se dit:

— II faut que j'cssaye si je ne pourrais pas avoir la princesse.

limit ses habits des dimanches etvintau palais du roi.

— Bonjour, Sire, lui dit-il.

— Bonjour, Jean, lui rSpondit le roi.

-- Ou est la princesse ?

— Elle seprom^ne dans mon jardin ; est cc que lu voudrais lui faire dire : Tu en as menti ?

— Je ne sais pas, r6pondit-il, mais je voudrais bien lui parler.

— Va, lui dit le roi.

Jean se rendit au jardin, et il trouva la fille du roi :

— Bonjour, ma princesse, lui dit-il.

— Bonjour, Jean.

— Vous 6tes k faire un tour de jardin?

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