‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 61 sur 91 · INSTRUCTION ET LE JUGEMENT · texte numérisé non relu

INSTRUCTION ET LE JUGEMENT

11 se remit en route, et ne tarda pas h rencoutrer un garQon et une fille qui se disputaient :

— Ah! dirent-ils en Tapercevant, voici unhomaie qui nous mettra d'accord ; nous avons promis de nous en remettreau jugement de la premiere personne que nous rencontrerions sur la route.

— Contez-moi voire cas, dit Jean.

— Voici, r6pondit le garQon : nous avions un oncle qui avait promis de donner son heritage h celui qui serait arriv6 le premier au moment de sa mort ; je me suis mis en route, et je suis arriv^ avantla (ille; mais elle est venue ^ son tour, etnotre oncle est tr^pass^ pendant que je passais le seuil de la porte pour sortir un instant; n'est-ce pas que c'est moi qui dois Writer?

-Non, se Mta de dire la fille, o'est moi pour silr.

— N'6tes-vous pas cousin et cousine? demanda Jean.

— Si, r6pon dirent-ils.

— Etes-vous mari^s I'un ou I'autre?

— Non.

— H6 bien ! ce que vous avez de mieux h faire, c'esl de vous marier ensemble.

— Ah ! c'est vrai, dit la fille.

Les deux cousins se mari^rent : ce fut une belle paire de noces ou Jean fut invito ct mis h la place d'honneur.

Depuis ce temps il passa pour le plus malin du pays; tout le monde venait le consulter, et s'il n'est pas mort, il vit encore.

CoMt^ en 1880 par Joseph Mace, de Saint- Cast, mousse, tg^

de 14 ans.

SAINT DENIGE

11 y avait une fois un jeune garQon si paresseux que ses parents ne savaient que faire de lui. II 6tait toujours h courir par les chemins et ne voulait point iravailler.

Ses parents, qui 6taient bien embarrasses de ce grand garQon faineant, le mirent en apprentissage chez son parrain. C'6tait un menuisier qui avait Tentreprise d*un couvent qu'on 6tait en train de b^tir et qui 6lait dedi6 h saint D^nig^.

Le couvent fut termin6 k T^poque fixee, mais le menuisier n'avait point fait la statue du patron, saint D6nige. Comment faire? se disait-il en se grattant Toreille, bien embarrass^. A la fin, il lui vint une id^e.

— Tu vas, dit-il k son fiUeul, te mettre dans la niche, je t'habillerai comme un saint, et tu resteras bien tranquille jusqu'au moment oh les travaux auront 6ik examines. Apr^s gulls nous auront pay^s, tu t'en iras.

Le jeune gargon alia se placer dans la niche, et bientdt la supirieure du couvent et le chapelain vinrent examiner I'ouvrage. Quand ils furent arrives devant la niche de saint D6nig6, ils le regard^rent attentivement.

'* est trts bien, dirent-ils ; on croirait qu'ii est eulement, ajouta lasup^rieure, je crois qu*il

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