LA GBANGE DU DIABLE
donne ma parole qae voire grange sera reMtie dans les vingt-qaatre heares, plus belle et plus grande qu'aaparavant.
— Je ne pourrais vous payer ce qu'il faudra, dit le fermier.
— Je ne vous demande pas un sou, r6pondit le monsieur ; mais vous me donnerez votre premier-n6.
— Que voulez-vous en faire?
— C'est pour Temployer plus tard h un travail comme celui-1^, ou bien k d*autres.
— Non, dit le fermier, je ne vous donnerai pas mon enfant.
— Puisque vous tenez si fort k votre grange, elle sera faite pour le soleil levant d'apr^s-^demain, Je vous donne jusqu'^ demain soir pour r^fl^chir.
Le monsieur disparut, et le fermier rentra chez lui ; mais il se retournait sur son lit et ne pouvait dormir. II ne parla de rien k sa femme, et elle ne lui demanda pas ce qui le preoccupait, car elle avait Thabitude de le voir soucieux. Le lendemain, il fut encore plus ennuy6 que de coutume, et il ne savait comment faire. Le soir venu, 11 se rendit au m6me endroitque la veille, et bient6t le monsieur y arriva.
— H6 bien I lui dit-il, avez-vous r^fl^chi ?
— Oui, monsieur, r^pondit-il, mais j'ai de la peine h consentir k ce que vous me demandez.
— Acceptez, dit le monsieur, votre grange sera faite avant que le coq ait chants au matin.
Le fermier accepta, k la condition que la grange serait faite et achev^e au temps fix^, et le monsieur disparut.
* £n rentrant chez lui, le fermier entendit travailler du c6t6 de sa grange ; on remuait des pierres et du bois, et il semblait qu'il y avait plus de mille ours ensemble.
LA GH.VNGE DU DIAULE. TOT
Lll ae eoucha, el quand il fut iiu lit, il t^e mit k pnrer.
- Ou'as-tu ? lui demanda sa ferame.
- Ceque j'ai, r£posdit-ii, je ne te ledirai pas.
- Si, it faut que je le sacbe.
1 fluit par lui raconler que la veille, comme U se |soIait de n'avoir plus oil mettre ses gerbes, il avail 1 UD mousieur qui lui avalt propose de lui reb^lir I grange, d'abord dans les vingt-qualre beures, puis rant le soleil lev6, puis cnfln avant le cbant du coq, Kqa'il avait lini par accepter.
- A quelle condition? demanda la femaie.
V — A la condition que notre premier-n6 lui appar-
mne, s'il a terming avant que le coq ait cbant6. I AussiL6t voil^ la femme qui se l^ve.
I — Je vais, dit-elle, lui en donner, du cbant du coq ! F Elle prit son balai, et frappa ses coqs et ses poules pi s'6veill&rent. el I'un des coqs se mil & chanter. :6t que les ouvriers du diable I'eurent entendu, ils infuirent en toule btLte et il n'en resta plus ua seul. 1 11 6tait temps, car la grange 6tait reconstruite, et I ne restait plus pour la flnir qu'un pelit bouLde I toiture k couvrir.
- Ah! dit le fermier, voili ma grange reb&tie et
"a plus aucun droit sur moi ; nous allons bien
jouvoir terminer son ouvrage.
f II se mil h couvrir I'endroit qui Stall rest6 inachev^,
lais toutes les nulls le diahls venait d6faire son
, el je pense que la grange est reside ina-
car il y a longtemps que je ne I'ai vue.
CoDt^ en 1880, au cbileau de la Saiidraie, en Penguilly, parJo- BQph Andr6, couturier el chantre k Tr^bry.
DaoiLes femmes et ie diable, n'XUVdei Cantes popiilairiia de
t! lireugne, il f a plusieiira ricits u^ le diable eat il
'use dea remmcs.
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