‹ Contes populaires de la Haute-BretagneChapitre 86 sur 91 · B LES TBOIS PETITES POULES · texte numérisé non relu

B LES TBOIS PETITES POULES

~ J'ai trouv^ sis linrds au pied d'un chfine, je payeraipour tous.

Plus loin, lis trouvfirenl un bmuf :

— BoQJour, Monsieur le btGuf, veux-tu venir avec nous faire ton tour de France?

— Je n'ai pas d!n6, r^pondit le bcBuf.

— : Depeche-toi de manger, et viens avec nous. Qnand le bceuf eut assez brouti, il dit :

— Mais je n'ai pas d'argent.

— J'ai trouv6 six liards au pied d'un ch^ne, r^poudit la poule, je payerai pour tons.

Les voili partis : un peu plus loin, iis virent uu couturier :

— Bonjour, Monsieur le couturier, dit la petite poule, ne voudrais-tu pas faire ton tour de France avec nous?

— Si, je voudrais bien, niais il y a longtemps que je n'ai eu d'ouvrage, et je n'ai pas d'argent.

— J'ai trouv^ six liards au pied d'un chCne, je paierai pourtous.

Les voil^ cnoore en route ; ils arrlv^rent k la maison du frferc du loup, ils y entrferent, et la poule dit :

— II faut Uii faire une farce : je yais me percher sur la planche au pain, le chat va s'asseoir sur tes

tuliers, le mouton sur les habils, le bceuf va se e au milieu de la place, et le couturier derri^re

L vers le soir, en disant :

^ & moiti^ mort de faim ; jl faut que ,« un iH'u de pain: c'est un failli repas; mais lit eno>>it> mieus que rien. Mais, dit-il en e nei. \i'i1i une jolie petite poulette qui me brtu Ml u per.

lui donna un coup de bee, et lui

LES TBOIS PETITES POULES. J2y

— Ahl dit-il, it faat que je ra'habille, je serai plus k raise.

Gomme il allait pour prendre ses culottes, le moulon lui donna un coup de come dans le ventre, et le renversa.

— Ah! dit-il, je ne suis plus le mattre chez moi, jn vais prendre mes souliers et m'en aller.

Le chat, qui ^tail concha sur les souliers, lui donna un coup de griR'e et lui arracha son aulre oeil, Le pauvre loup ne savait plus ot il 6lait : le boeuf I'^tripu avec ses comes, et, comme il allait pour sorlir, le couturier le perga avec ses aiguilles ; il alia rouler dans la cour, et iis Tachev^rent & coups de pierre.

Us continuferent ensuite leur lour de France : ils vireat une bonne femme qui grattait la terre dans sun jardin :

— G'est une vieiUe avare, dit la petite poiile, je parie qu'elle est i cacher sa bourse.

Quand elle fut parlie, ils gratt6rent pour voir le tr^sor, et ils trouvferent deux sous et demi.

— Aht direnl-ils, ce n'est pas la peine de tuer la bonne femme pour cela, il faut la laisser en mettre d'autres.

Its virent la bonne femme qui retournait k son jardin; ila la tn^rent et lui prirent quatre sous et denrti.

La poule mit I'argent dans son porte-monnaie, et, pour le remplir, elle tailla en rond des ardoises, et les mit avec ses sous et ses liards, qu'elle faisait sonner :

— Maintenant, dit-elle, nous aliens nous rfigal

Page 1