Herryeh
2. Les Juifs en Orient comme les Musulmans croient que les Esprits se multiplient et engendrent d’autres Esprits en se mariant entre eux. Ils ont en outre la croyance que les Esprits se multiplient aussi en cohabitant avec les humains dont ils tombent amoureux, comme les Syrènes des Grecs ou les Samodivas des Bulgares, etc,
Il crut, tout d’abord, qu’il allait être noyé mais voilà que tout à coup il se trouva au milieu d'une ville où la syrène qui le portait l’introduisit dans une maison.
Elle fit alors tout ce qui était en son pouvoir pour le rassurer et lui dit : « Si tu m’aimes autant que tu aimais ta femme sur terre, je te donnerai de beaux enfants plus jolis que ceux qu’elle t’a présentés » .
« Ne seront-ils pas des Djins ! « exclama l'homme, il ne put surmonter l’horreur qui lui inspirait la perspective de devenir père de Djin: sans Nil, sans sakieh, sans terre, sans cultures et surtout sans sa femme et ses enfants !
La Herryeh s’aperçut de son dégoût pour elle et elle redoubla de gentillesses mais en vain. Un jour elle lui dit : « Je t’autorise à aller sur terre voir ta famille », maiscomme elle était d’une nature méchante, elle ajouta, pour lui causer de la peine, que sa sœur était morte et qu’elle l’autorisait à aller assistera ses funérailles..
Il partit préoccupé et fort triste mais lorsqu’il arriva chez lui il trouva sa maison en fête ; sa femme et ses enfants le reçurent
au son de la darabukka 1 et des zagharites 2; tous avaient rougi leurs doigts de henné 3, et avaient mis leurs habits de fête ; en un mot, ils semblaient l’attendre.
Il en fut étonné et lorsqu’il apprit que sa sœur se portait bien, il en fut très content et maudit la syrène qui lui avait fait si peur.
Cependant le lendemain matin il alla vers son champ où il travailla jusqu’à midi, après quoi il déjeuna et s’endormit sur le bord de sa sakieh.
Une fois encore la Herryeh vint et l’emporta de nouveau.
Le pauvre homme en était inconsolable et maigrissait à vue d’œil; enfin un jour la syrène s’étant absentée, trompant la vigilance de ses gardiens il prit son courage à deux mains, sortit de la maison et alla chez le Cadi de la ville lui conter son aventure.
Le Cadi convoqua la syrène et lui commanda de laisser partir cet homme qui n’aurait jamais fait un bon mari pour une