LE MARCHAND ET LES SINGES
Un marchand ayant acheté des tarbouches pour les vendre au Gadaref, s’endormit en passant dans une forêt.
Les singes qui se trouvaient dans le voisinage, vinrent, autour de lui, ouvrirent sa caisse et s’emparant de sa marchandise, chacun d’eux se coiffa d’un tarbouche.
Le marchand, à son réveil, voyant sa caisse vide, cria au voleur, puis il s’aperçut que tous les singes, coiffés de tarbouches, gambadaient sur les arbres.
Il pleure, il crie, il appelle, rien n'y fait.
A la fin un homme arrive et lui dit : « Donne moi ton tarbouche ». Il le prend, il le met sur sa tête, il commence à hocher la tête : tous les singes l’imitent et hochent
la tête comme lui. Alors il prend son tarbouche avec la main et le jette par terre. Tous les singes en font autant.
Il crie alors au marchand.
« Vite, vite, ramasse tes tarbouches » et le marchand, après avoir vivement repris sa marchandise, s’en va tout content.
C’était le roi des singes qui avait vu la douleur du marchand et il avait noté que, malgré la perte qu’il subissait, au lieu d’essayer de faire du mal aux singes, il les priait et les suppliait de lui rendre sa marchandise. Alors pris de pitié pour cet homme bon, le roi des singes lui fit rendre ses tarbouches en recourant à cet expédient h
i. Je me souviens avoir lu un conte semblable dans les relations d’un voyage en Afrique par un voyageur Européen qui a dû l’entendre conter comme moi.
11 est curieux de retrouver dans l’Afrique Musulmane, la même sympathie pour les singes qu on constate dans les Indes Orientales.