‹ Contes populaires du Soudan égyptienChapitre 24 sur 24 · LE VAUTOUR ET L’ATOI · texte numérisé non relu

LE VAUTOUR ET L’ATOI

Il y a longtemps, longtemps, bien longtemps de cela, qu’un homme demanda :

« Qu’advient-il à l'homme lorsqu’il meurt?»

Un vautour qui planait au-dessus de la tète de cet homme, entendit la question. Il ramassa à terre une cuillère à remuer la bouillie et la jeta dans le Nil l.

La cuillère disparut d’abord, puis elle reparut sur la surface du fleuve, flottant à

i* Cette espèce de cuillère est faite d’un bout de bâton en bois, fiché dans une vertèbre en os d’animal. Elle sert à remuer la bouillie de farine de maïs ou de millet, lorsqu’on la fait cuire sur le feu, pour qu'elle ne brûle pas, et jusqu'à ce qu'elle prenne de la consistance comme le Prvidge écossais et la assida arabe, ou la polenta italienne.

cause de la légèreté du bois qui formait son manche.

Le vautour dit : « C’est ainsi que l’homme qui meurt parait disparaître d’abord, mais il reparaît ensuite.

L’atoi x, voltigeant par là, entendit la prédiction du vautour et pour le contredire, il ramassa un tesson de poterie et le jeta dans l’eau. Le tesson disparut, alla jusqu’au fond du fleuve, y resta pour toujours.

L’atoi s’écria en même temps : « Voilà ce qui arrive à l’homme qui meurt ».

Depuis ce temps-là, le Dinka a voué une haine à l’atoi et il respecte et aime le vautour.

i . L’atoi est un petit oiseau dont la poitrine et la tête sont d’un bleu pâle et ont un point rouge sur chacune des oreilles. Cet oiseau envahit par milliers les champs de maïs dont il mange les graines. Il est donc considéré comme un animal malfaisant.

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